Il ne voit pas la Banque. Distrait et ridicule, il semble l'Arlequin de ce grand carnaval.

Où est-il aux jours décisifs où le Système proclamé va s'appliquer, sera une réalité, ou une infâme illusion?

Il s'en va au Jardin des Plantes, à la Salpêtrière, et dit aux directeurs de ce grand hôpital: «Je vous donne un million. Cédez pour le Mississipi quelques centaines de vos filles; je me charge de les doter.» (Septembre.)

Chose grotesque. Les tout-puissants voleurs, princes, ducs, etc., l'obligent, de minute en minute, d'acheter des fiefs, des terres titrées, ridicules, inutiles à un homme de sa sorte, et cela à des prix insensés.

Les millions lui coulent comme l'eau. Il est duc en Mercœur, il est duc en Mississipi, etc.

Et en même temps, il fait ici le prévôt des marchands, le lieutenant de police. Il a l'esprit aux vivres de Paris, ne songe à autre chose.

Son cœur est à la viande, il ne dort pas de ce qu'elle est trop chère. Il convoque chez lui les bouchers, et les gronde. «La viande à 4 sous! dit-il, cela ne sera plus. Je me chargerai, moi, de la vendre à un autre prix!»

Voilà un homme étrange. Si on le pousse un peu, il va se faire boucher. Cela manque à ses titres. Que lui sert d'être partout en France comte, duc et que sais-je? un vrai marquis de Carabas? Pour honorer la Bourse, la réhabiliter et lui gagner le peuple, il faut qu'il soit roi de la halle.

Roi de tout, roi de rien, de vide et de risée.[Retour à la Table des Matières]

CHAPITRE XIII