Les trois récits qu'on a de ce moment (par Rousseau, Diderot, Marmontel) s'accordent aisément. Rousseau entrevit bien la grande place qu'il allait saisir, en attaquant les sciences et le parti de ses amis. Mais il ne l'eût pas fait sans l'avis généreux du capital ami, qui pour lui était tout alors, sans l'autorisation de l'oracle du temps.
Grave question pour Diderot! Au jour où il dressait le monument des sciences, allait-il envoyer Rousseau dans le camp opposé? Ne risquait-on de voir bientôt un encyclopédiste ennemi de l'Encyclopédie? qui sait? ennemi de Diderot?
Celui-ci fut très-grand. Il conseilla contre lui-même, contre son œuvre et contre son parti. Il conseilla Rousseau pour Rousseau, selon ses tendances, son talent et sa destinée, et, quoi qu'il arrivât, il le lança dans l'avenir.
FIN DU TOME DIX-HUITIÈME
TABLE DES MATIÈRES
PRÉFACE Pages.
- Sources de cette histoire.—La conspiration de famille.—Le Credo du XVIIIe siècle [1]
CHAPITRE PREMIER