[356]: Les environs du Rhin prirent peu de part à la croisade.—Orientales Francos, Saxones, Thoringos, Bavarios, Alemannos propter schisma quod tempore inter regnum et sacerdotium fuit. hæc expedito minus permovit Alberic., ap. Leibniz. Acces., p. 119.—Voyez Guibert, l. II, c. I.

[357]: Willelm. Tyr., l. VIII, c. VI, 9, 10.—Guibert. Novig., l. VII, c. VIII: Au siége de Jérusalem «il fit crier dans toute l'armée par les hérauts, que quiconque apporterait trois pierres pour combler le fossé recevrait un denier de lui. Or, il fallut, pour achever cet ouvrage, trois jours et trois nuits.» Radulph. Cadom., c. XV, ap. Muratori, V, 291: «Il fut tout d'abord un des principaux chefs, et plus tard, lorsque l'argent des autres s'en fut allé, le sien arriva et lui donna le pas. C'est qu'en effet toute cette nation est économe et non point prodigue, ménageant plus son avoir que sa réputation; effrayée de l'exemple des autres, elle travaillait non comme les Francs à se ruiner, mais à s'engraisser de son mieux.»—Raymond reçut aussi force présents d'Alexis (... quibus de die in diem de domo regis augebatur. Albert. Aq., l. II, c. XXIV, ap. Bongars, p. 205.) Godefroi en reçut également, mais il distribua tout au peuple et aux autres chefs. Willelm. Tyr., l. II, c. XII.

Guibert. Nov., l. II, c. XVIII. «L'armée de Raymond ne le cédait à aucune autre, si ce n'est à cause de l'éternelle loquacité de ces Provençaux.»—Radulph. Cadom., c. LXI: «Autant la poule diffère du canard, autant les Provençaux différaient des Francs par les mœurs, le caractère, le costume, la nourriture; gens économes, inquiets et avides, âpres au travail; mais, pour ne rien taire, peu belliqueux... Leur prévoyance leur fut bien plus en aide pendant la famine, que tout le courage du monde à bien des peuples plus guerriers; pour eux, faute de pain, ils se contentaient de racines, ne faisaient pas fi des cosses de légumes; ils portaient à la main un long fer avec lequel ils cherchaient leur vie dans les entrailles de la terre: de là ce dicton que chantent encore les enfants: «Les Francs à la bataille, les Provençaux à la victuaille.» Il y avait une chose qu'ils commettaient souvent par avidité et à leur grande honte; ils vendaient aux autres nations du chien pour du lièvre, de l'âne pour de la chèvre; et, s'ils pouvaient s'approcher sans témoin de quelque cheval ou de quelque mulet bien gras, ils lui faisaient pénétrer dans les entrailles une blessure mortelle, et la bête mourait. Grande surprise de tous ceux qui, ignorant cet artifice, avaient vu naguère l'animai gras, vif, robuste et fringant: nulle trace de blessure, aucun signe de mort. Les spectateurs, effrayés de ce prodige, se disaient: Allons-nous-en, l'esprit du démon a soufflé sur cette bête. Là-dessus, les auteurs du meurtre approchaient sans faire semblant de rien savoir, et comme on les prévenait de n'y pas toucher: Nous aimons mieux, disaient-ils, mourir de cette viande que de faim. Ainsi celui qui supportait la perte s'apitoyait sur l'assassin, tandis que l'assassin se moquait de lui. Alors s'abattant tous comme des corbeaux sur ce cadavre, chacun arrachait son morceau, et l'envoyait dans son ventre ou au marché.»

[358]: Guibert, l. III, c. I. «Lorsque cette innombrable armée, composée des peuples venus de presque toutes les contrées de l'Occident, eut débarqué dans la Pouille, Bohémond, fils de Robert Guiscard, ne tarda pas à en être informé. Il assiégeait alors Amalfi. Il demanda le motif de ce pèlerinage, et apprit qu'ils allaient enlever Jérusalem, ou plutôt le sépulcre du Seigneur et les lieux saints, à la domination des Gentils. On ne lui cacha pas non plus combien d'hommes, et de noble race et de haut parage, abandonnant, pour ainsi dire, l'éclat de leurs honneurs, se portaient à cette entreprise avec une ardeur inouïe. Il demanda s'ils transportaient des armes, des provisions, quelles enseignes ils avaient adoptées pour ce nouveau pèlerinage; enfin quels étaient leurs cris de guerre. On lui répondit qu'ils portaient leurs armes à la manière française; qu'ils faisaient coudre à leurs vêtements sur l'épaule ou partout ailleurs, une croix de drap ou de toute autre étoffe, ainsi que cela leur avait été prescrit; qu'enfin, renonçant à l'orgueil des cris d'armes, ils s'écriaient tous humbles et fidèles: «Dieu le veut!»

[359]: Anne Comnène.

[360]: Né à Bézi, près Nivelle, dans un château qu'on montrait encore à la fin du dernier siècle.

[361]: La fatigue lui causa une fièvre violente, il fit vœu de se croiser et fut guéri. (Albéric.)

[362]: Guibert de Nogent.—Sa mère, sainte Ida, rêva un jour que le soleil descendait dans son sein. Cela signifiait, dit le biographe contemporain, que des rois sortiraient d'elle.

[363]: Robert le Moine.—Une autre fois il coupa un Turc par le milieu du corps... «Turcus duo factus est Turci: ut inferior alter in urbem equitaret, alter arcitenens in flumine nataret.» Raoul de Caen.

[364]: Il avait amené une colonie de moines qu'il établit à Jérusalem.