[375]: Raymond d'Agiles: «Il se brûla, parce que lui-même il avait douté un instant; il le dit au peuple en sortant des flammes, et le peuple glorifia Dieu.» Selon Guibert de Nogent, il sortit du bûcher sain et sauf, mais le peuple se précipita sur lui pour déchirer ses habits et en garder les morceaux comme des reliques, et le pauvre homme, ballotté et meurtri, mourut de fatigue et d'épuisement.

[376]: «Tancrède, dit son historien Raoul de Caen, eut d'abord grande envie de tomber sur les Provençaux; mais il se souvint qu'il est défendu de verser le sang chrétien; il aima mieux recourir aux expédients de Guiscard. Il fit entrer ses hommes pendant la nuit, et, lorsqu'ils furent en nombre, ils tirèrent leurs épées et chassèrent les soldats de Raymond, avec force soufflets.—L'origine de cette haine, ajoute-t-il, c'était une querelle pour du fourrage, au siége d'Antioche. Des fourrageurs des deux nations s'étaient trouvés ensemble au même endroit, et s'étaient battus à qui aurait le blé.—Depuis lors, chaque fois qu'ils se rencontraient, ils déposaient leurs fardeaux et se chargeaient d'une grêle de coups de poings; le plus fort emportait la proie.» C. 98, 99, p. 316.—Ensuite Raymond et les siens soutinrent l'authenticité de la sainte lance, «parce que les autres nations, dans leur simplicité, y apportaient des offrandes; ce qui enflait la bourse de Raymond. Mais le rusé Bohémond (non imprudens, multividus. Rad. Cad., p. 317; Robert. Mon., ap. Bongars, p. 40) découvrit tout le mensonge. Cela envenima la querelle.» C. 101, 102.

[377]: Guillaume de Tyr.

[378]: Les chrétiens indigènes avaient éprouvé, pendant le siége, les plus cruels traitements de la part des infidèles (Guillaume de Tyr).

[379]: Guillaume de Tyr.

[380]: À Antioche, Tancrède avait juré qu'il n'abandonnerait pas la place tant qu'il lui resterait quarante chevaliers. (Guibert.)

[381]: Guibert, l. II, c. I: «L'année dernière je m'entretenais avec un archidiacre de Mayence au sujet de la rébellion des siens, et je l'entendais vilipender notre roi et le peuple, uniquement parce que le roi avait bien accueilli et bien traité partout le seigneur pape Pascal, ainsi que ses princes: il se moquait des Français à cette occasion, jusqu'à les appeler par dérision Francons. Je lui dis alors: «Si vous tenez les Français pour tellement faibles ou lâches que vous croyez pouvoir insulter par vos plaisanteries à un nom dont la célébrité s'est étendue jusqu'à la mer indienne, dites-moi donc à qui le pape Urbain s'adressa pour demander du secours contre les Turcs? N'est-ce pas aux Français?»—Id., l. IV, c. III: «Nos princes, ayant tenu conseil, résolurent alors de construire un fort sur le sommet d'une montagne qu'ils avaient appelée Malreguard, pour s'en faire un nouveau point de défense contre les agressions des Turcs.» La langue française dominait donc dans l'armée des croisés. Voyez aussi les suites de la quatrième croisade.

Ο βασιλεὺς τῶν βασιλέων, καὶ ἀρχηγὸς τοῦ Φραγγικοῦ στρατοῦ. Matthieu Pâris (ad ann. 1234), et Froissart (t. IV, p. 207) donnent au roi de France le titre de Rex regum, et de chef de tous les rois chrétiens.—Les Turcs eux-mêmes voulurent descendre des Francs: «Dicunt se esse de Francorum generatione, et quia nullus homo naturaliter debet esse miles nisi Turci et Franci.» Gesta Francorum, ap. Bongars, p. 7.

[382]: «Je songeai que je venais de prendre congé de l'ancien et agréable compagnon de ma vie.» Mém. de Gibbon.

[383]: Guibert. Nov., l. VII, 22: «Un prince d'une tribu voisine de Gentils lui envoya des présents infectés d'un poison mortel. Godefroi s'en servit sans défiance, tomba tout à coup malade, s'alita, et mourut bientôt après. Selon d'autres, il mourut de mort naturelle.»...