[147]: L'Èbre coule à l'est, vers Barcelone; la Garonne à l'ouest, vers Toulouse et Bordeaux. Au canal de Louis XIV répond celui de Charles-Quint. C'est toute la ressemblance.
[148]: Dralet, II, p. 197.—«Le territoire espagnol, sujet à une évaporation considérable, a peu de pâturages assez gras pour nourrir les bêtes à cornes; et comme les ânes, les mules et les mulets se contentent d'une pâture moins succulente que les autres animaux destinés aux travaux de l'agriculture, ils sont généralement employés par les Espagnols pour le labourage et le transport des denrées. Ce sont nos départements limitrophes et l'ancienne province de Poitou qui leur fournissent ces animaux; et la quantité en est considérable. Quant aux animaux destinés aux boucheries, c'est nous qui en approvisionnons aussi les provinces septentrionales, particulièrement la Catalogne et la Biscaye. La ville seule de Barcelone traite avec des fournisseurs français pour lui fournir chaque jour cinq cents moutons, deux cents brebis, trente bœufs, cinquante boucs châtrés, et elle reçoit en outre plus de six mille cochons qui partent de nos départements méridionaux pendant l'automne de chaque année. Ces fournitures coûtent à la ville de Barcelone deux millions huit cent mille francs par an, et l'on peut évaluer à une pareille somme celles que nous faisons aux autres villes de la Catalogne. La Catalogne paye en piastres et quadruples, en huile et liéges, en bouchons.» Les choses ont dû, toutefois, changer beaucoup depuis l'époque où écrivait Dralet (1812).
[149]: A. Young. «Entre Jonquières et Perpignan, sans passer une ville, une barrière, ou même une muraille, on entre dans un nouveau monde. Des pauvres et misérables routes de la Catalogne, vous passez tout d'un coup sur une noble chaussée, faite avec toute la solidité et la magnificence qui distinguent les grands chemins de France: au lieu de ravines, il y a des ponts bien bâtis; ce n'est plus un pays sauvage, désert et pauvre.»
[150]: Arthur Young, t. I, p. 57 et 116. «Nous rencontrâmes des montagnards qui me rappelèrent ceux d'Écosse; nous avions commencé par en voir à Montauban. Ils ont des bonnets ronds et plats, et de grandes culottes.» «On trouve des flûteurs, des bonnets bleus, et de la farine d'avoine, dit sir James Stewart, en Catalogne, en Auvergne et en Souabe, ainsi qu'à Lochabar.»—Toutefois, indépendamment de la différence de race et de mœurs, il y en a une autre essentielle entre les montagnards d'Écosse et ceux des Pyrénées; c'est que ceux-ci sont plus riches, et sous quelques rapports plus policés que les diverses populations qui les entourent.
Iharce de Bidassouet, Cantabres et Basques, 1825, in-8o. «Le peuple basque qui a conservé avec ses pâturages le moyen d'amender ses champs, et avec ses chênes celui de nourrir une multitude infinie de cochons, vit dans l'abondance, tandis que dans la majeure partie des Pyrénées.......» Laboulinière, t. III, p. 416:
Bearnes
Faus et courtes.
Biaoèdan
Pir que can.
«Le Béarnais est réputé avoir plus de finesse et de courtoisie que le Bigordan, qui l'emporterait pour la franchise et la simple droiture mêlée d'un peu de rudesse.» Dralet, I, 170. «Ces deux peuples ont d'ailleurs peu de ressemblance. Le Béarnais, forcé par les neiges de mener ses troupeaux dans les pays de plaine, y polit ses mœurs et perd de sa rudesse naturelle. Devenu fin, dissimulé et curieux, il conserve néanmoins sa fierté et son amour de l'indépendance... Le Béarnais est irascible et vindicatif autant que spirituel; mais la crainte de la flétrissure et de la perte de ses biens le fait recourir aux moyens judiciaires pour satisfaire ses ressentiments. Il en est de même des autres peuples des Pyrénées, depuis le Béarn jusqu'à la Méditerranée: tous sont plus ou moins processifs, et l'on ne voit nulle part autant d'hommes de loi que dans les villes du Bigorre, du Comminges, du Couserans, du comté de Foix et du Roussillon, qui sont bâties le long de cette chaîne de montagnes.»
[151]: Plusieurs espèces animales disparaissent des Pyrénées. Le chat sauvage y est devenu rare; le cerf en a disparu depuis deux cents ans, selon Buffon.
[152]: Dralet, II, 105. Les habitants allaient voler du bois jusqu'en Espagne.—Il y a de fortes amendes pour quiconque couperait une branche d'arbre dans une grande forêt qui domine Cauterets, et la défend des neiges.—Diodore de Sicile disait déjà (lib. II): «Pyrénées vient du mot grec pur (feu), parce qu'autrefois, le feu ayant été mis par les bergers, toutes les forêts brûlèrent.»—Procès-verbal du 8 mai 1670. «Il n'y a aucune forêt qui n'ait été incendiée à diverses reprises par la malice des habitants, ou pour faire convertir les bois en prés ou terrains labourables.»
[153]: Dralet.