[191]: L'ancienne devise de Besançon était: Plût à Dieu!—À Salins, on lisait sur la porte d'un des forts où étaient les salines, la devise de Philippe le Bon: Autre n'auray. Plusieurs monuments de Dijon portaient celle de Philippe le Hardi: Moult me tarde.—À Besançon naquit l'illustre diplomate Granvelle, chancelier de Charles-Quint, mort en 1564.
[192]: De même à l'abbaye de Saint-Claude, transformée en évêché en 1741, les religieux devaient faire preuve de noblesse jusqu'à leur trisaïeul, paternel et maternel. Les chanoines devaient prouver seize quartiers, huit de chaque côté.
[193]: La Franche-Comté est le pays le mieux boisé de la France. On compte trente forêts, sur la Saône, le Doubs et le Lougnon.—Beaucoup de fabriques de boulets, d'armes, etc. Beaucoup de chevaux et de bœufs, peu de moutons; mauvaises laines.
[194]: Sur les mœurs des habitants des Trois-Évêchés et de la Lorraine en général, voyez le Mémoire manuscrit de M. Turgot, qui se trouve à la bibliothèque publique de Metz: Description exacte et fidèle du pays Messin, etc.—Les trois évêques étaient princes du Saint-Empire.—Le comté de Gréange et la baronnie de Fenestrange étaient deux francs-alleus de l'Empire.
[195]: On voyait à Metz le tombeau de Louis le Débonnaire et l'original des Annales de Metz, mess. de 894.—Les abeilles, dont il est si souvent question dans les capitulaires, donnaient à Metz son hydromel si vanté.
[196]: Pour être dame de Remiremont, il fallait prouver deux cents ans de noblesse des deux côtés.—Pour être chanoinesse, ou demoiselle à Épinal, il fallait prouver quatre générations de pères et mères nobles.
Piganiol de la Force, XIII. Elle était pour moitié dans la justice de la ville, et nommait, avec son chapitre, des députés aux États de Lorraine.—La doyenne et la sacristaine disposaient chacune de quatre cures. La sonzier, ou receveuse, partageait avec l'abbesse la justice (val de Joux), consistant en dix-neuf villages; tous les essaims d'abeilles qui s'y trouvaient lui appartenaient de droit. L'abbaye avait un grand prévôt, un grand et un petit chancelier, un grand sonzier, etc.
[197]: Un duc d'Alsace et de Lorraine, au VIIe siècle, souhaitait un fils; il n'eut qu'une fille aveugle, et la fit exposer. Un fils lui vint plus tard, qui ramena la fille au vieux duc, devenu farouche et triste, solitairement retiré dans le château d'Hohenbourg. Il la repoussa d'abord, puis se laissa fléchir, et fonda pour elle un monastère, qui depuis s'appela de son nom, sainte Odile. On découvre de la hauteur Baden et l'Allemagne. De toutes parts les rois y venaient en pèlerinage: l'empereur Charles IV, Richard Cœur-de-Lion, un roi de Danemark, un roi de Chypre, un pape... Ce monastère reçut la femme de Charlemagne et celle de Charles le Gros.—À Winstein, au nord du Bas-Rhin, le diable garde dans un château taillé dans le roc de précieux trésors.—Entre Haguenau et Wissembourg, une flamme fantastique sort de la fontaine de la poix (Pechelbrunnen); cette flamme, c'est le chasseur, le fantôme d'un ancien seigneur qui expie sa tyrannie, etc.—Le génie musical et enfantin de l'Allemagne commence avec ses poétiques légendes. Les ménétriers d'Alsace tenaient régulièrement leurs assemblées. Le sire de Rapolstein s'intitulait le Roi des Violons. Les violons d'Alsace dépendaient d'un seigneur, et devaient se présenter, ceux de la Haute-Alsace à Rapolstein, ceux de la Basse à Bischwiller.
[198]: À côté de cette belle légende, où l'extase produite par l'harmonie prolonge la vie pendant des siècles, plaçons l'histoire de cette femme qui, sous Louis le Débonnaire, entendit l'orgue pour la première fois, et mourut de ravissement. Ainsi, dans les légendes allemandes, la musique donne la vie et la mort.
[199]: À Metz naquirent le maréchal Fabert, Custine, et cet audacieux et infortuné Pilâtre des Rosiers, qui le premier osa s'embarquer dans un ballon. L'édit de Nantes en chassa les Ancillon.