[231]: Son élève, Van-Dyck, peint dans un de ses tableaux un âne à genoux devant une hostie.

[232]: Nous avons ici la belle suite des tableaux commandés à Rubens par Marie de Médicis, mais cette peinture allégorique et officielle ne donne pas l'idée de son génie. C'est dans les tableaux d'Anvers et de Bruxelles que l'on comprend Rubens. Il faut voir à Anvers la Sainte Famille, où il a mis ses trois femmes sur l'autel, et lui, derrière, en saint Georges, un drapeau au poing et les cheveux au vent. Il fit ce grand tableau en dix-sept jours.—Sa Flagellation est horrible de brutalité; l'un des flagellants, pour frapper plus fort, appuie le pied sur le mollet du Sauveur; un autre regarde par-dessous sa main, et rit au nez du spectateur. La copie de Van-Dyck semble bien pâle à côté du tableau original. Au Musée de Bruxelles, il y a le Portement de Croix, d'une vigueur et d'un mouvement qui va au vertige. La Madeleine essuie le sang du Sauveur avec le sang-froid d'une mère qui débarbouille son enfant.—On peut voir au même Musée le Martyre de saint Liévin, une scène de boucherie; pendant qu'on déchiquète la chair du martyr, et qu'un des bourreaux en donne aux chiens avec une pince, un autre tient dans les dents son stylet qui dégoutte de sang. Au milieu de ces horreurs, toujours un étalage de belles et immodestes carnations.—Le Combat des Amazones lui a donné une belle occasion de peindre une foule de corps de femmes dans des attitudes passionnées; mais son chef-d'œuvre est peut-être cette terrible colonne de corps humains qu'il a tissus ensemble dans son Jugement dernier.

[233]: Sa famille était de Styrie. Ce qu'il y a de plus impétueux en Europe est aux deux bouts: à l'orient, les Slaves de Pologne, Illyrie, Styrie, etc.; à l'occident, les Celtes d'Irlande, Écosse, etc.

[234]: La Flandre hollandaise est composée de places cédées par le traité de 1648 et par le traité de la Barrière (1715). Ce nom est significatif.—La Marche, ou Marquisat d'Anvers, créée par Othon II, fut donnée par Henri IV au plus vaillant homme de l'Empire, à Godefroi de Bouillon.—C'est au Sas de Gand qu'Othon fit creuser, en 980, un fossé qui séparait l'Empire de la France.—À Louvain, dit un voyageur, la langue est germanique, les mœurs hollandaises et la cuisine française.—Avec l'idiome germanique commencent les noms astronomiques (Al-ost, Ost-ende); en France, comme chez toutes les nations celtiques, les noms sont empruntés à la terre (Lille, l'île).

Avant l'émigration des tisserands en Angleterre, vers 1382, il y avait à Louvain cinquante mille tisserands. Forster, 1364. À Ypres (sans doute en y comprenant la banlieue), il y en avait deux cent mille en 1342.—En 1380, «ceux de Gand sortirent avec trois armées.» Oudegherst, Chronique de Flandre, folio 301.—Ce pays humide est dans plusieurs parties aussi insalubre que fertile. Pour dire un homme blême, on disait: «Il ressemble à la mort d'Ypres.»—Au reste, la Belgique a moins souffert des inconvénients naturels de son territoire que des révolutions politiques. Bruges a été tuée par la révolte de 1492; Gand, par celle de 1540; Anvers, par le traité de 1648, qui fit la grandeur d'Amsterdam en fermant l'Escaut.

[235]: La grande bataille des temps modernes s'est livrée précisément sur la limite des deux langues, à Waterloo. À quelques pas en deçà de ce nom flamand, on trouve le Mont-Saint-Jean.—Le monticule qu'on a élevé dans cette plaine semble un tumulus barbare, celtique ou germanique.

[236]: Les magistrats de Dunkerque supplièrent vainement la reine Anne; ils essayèrent de prouver que les Hollandais gagneraient plus que les Anglais à la démolition de leur ville. Il n'est point de lecture plus douloureuse et plus humiliante pour un Français. Cherbourg n'existait pas encore; il ne resta plus un port militaire, d'Ostende à Brest.

[237]: «J'ai là, disait Bonaparte, un pistolet chargé au cœur de l'Angleterre.» «La place d'Anvers, disait-il à Sainte-Hélène, est une des grandes causes pour lesquelles je suis ici; la cession d'Anvers est un des motifs qui m'avaient déterminé à ne pas signer la paix de Châtillon.»

[238]: Il faut entendre ici Richelieu, Louis XIV et Bonaparte.

[239]: À Orléans, la science et l'enseignement du droit romain; en Picardie, l'originalité du droit féodal et coutumier; deux Picards, Beaumanoir et Desfontaines, ouvrent notre jurisprudence.