Doux est le champ du joyeux barde,
Ar hyd y Nôs (toute la nuit);
Doux le repos des pasteurs fatigués,
Ar hyd y Nôs;
Et pour les cœurs oppressés de chagrin,
Obligés d'emprunter le masque de la joie,
Il y a trêve jusqu'au matin,
Ar hyd y Nôs.
(Cambro-Briton, novembre 1819.)

58—page [124]—... la puissance de faire des rois, etc..

On couronnait le roi d'Irlande sur une pierre noirâtre, appelée la Pierre du Destin. Elle rendait un son clair, si l'élection était bonne. (Voyez Toland, p. 138.) D'Iona elle fut transportée dans le comté d'Argyle, puis à Scone, où l'on inaugurait les rois d'Écosse. Édouard Ier la fit placer, en 1300, à Westminster, sous le siège du couronnement. Les Écossais conservent l'oracle suivant: «Le peuple libre de l'Écosse fleurira, si cet oracle n'est point menteur: partout où sera la pierre fatale, il prévaudra par le droit du ciel.» Logan, I, 197.—En Danemark et en Suède, comme dans l'Irlande et l'Écosse, c'était sur une pierre qu'on faisait l'inauguration des chefs.—Id., page 198. Sur une belle colline verte, aux environs de Lanark, est une pierre creusée de main d'homme, où siégeait Wallace pour conférer avec ses chefs.

59—page [125]Une moitié du monde celtique perd sa langue, etc...

Voyez le Cambro-Briton (avec cette épigraphe: Kymri fu, Kymri fud).—Plusieurs lois défendaient aux Irlandais de parler le celtique, et de même aux Gallois, vers 1700.—Cambro-Briton, déc. 1821. Dans les principales écoles galloises, surtout dans le Nord, le gallois, loin d'être encouragé, a été depuis plusieurs années défendu sous peine sévère. Aussi les enfants le parlent incorrectement, n'en connaissent point la grammaire, et sont incapables de l'écrire. Mais il semble que les langues celtiques se soient réfugiées dans les académies. En 1711, le pays de Galles avait soixante-dix ouvrages imprimés dans sa langue: il en a aujourd'hui plus de dix mille. Logan, the Scotish Gaël, 1831.—Le costume n'a pas été moins persécuté que la langue. En 1585, le parlement défendit de paraître aux assemblées en habit irlandais. (Toutefois les Irlandais ont quitté leur costume au milieu du dix-septième siècle, plus aisément que les highlanders d'Écosse.)—On lit dans un journal écossais, de 1750, qu'un meurtrier fut acquitté parce que sa victime portait la tartane.

60—page [125]—... l'Irlande, l'île des Saints...

Giraldus Cambrensis (Topograph. Hiberniæ, III, c. XXIX) reproche à l'Irlande de ne pas compter parmi ses saints un seul martyr. «Non fuit qui faceret hoc bonum: non fuit usque ad unum!» Moritz, archevêque de Cashel, répondit que l'Irlande pouvait du moins se vanter d'un grand nombre de personnages dont la science avait éclairé l'Europe. «Mais peut-être, ajouta-t-il, aujourd'hui que votre maître, le roi d'Angleterre, tient la monarchie entre ses mains, nous pourrons ajouter des martyrs à la liste de nos saints.»—O'Halloran, Introduct. to the hist. of Ireland. Dublin, 1803, p. 177.