86—page [169]—Les successeurs de Clovis s'abandonnent aux conseils des Romains...
Clovis lui-même choisit des Romains pour les envoyer en ambassade, Aurelianus en 481, Paternus en 507 (Greg. Tur. Epist., c. XVIII, XXV). On rencontre une foule de noms romains autour de tous les rois germains: un Aridius est le conseiller assidu de Gondebaud (Greg. Tur., l. II, c. XXXII).—Arcadius, sénateur arverne, appelle Childebert Ier dans l'Auvergne et s'entremet pour le meurtre des enfants de Clodomir (Id., l. III, c. IX, XVIII).—Asteriolus et Secundinus, «tous deux sages et habiles dans les lettres et la rhétorique,» avaient beaucoup de crédit (en 547) auprès de Theudebert (Ibid., c. XXXIII).—Un ambassadeur de Gontran se nomme Félix (Greg. Tur., l. VIII, c. XIII); son référendaire, Flavius (l. V, c. XLVI). Il envoie un Claudius pour tuer Eberulf dans Saint-Martin de Tours (l. VII, c. XXIX).—Un autre Claudius est chancelier de Childebert II (Greg. de Mirac. S. Martini, l. IV).—Un domestique de Brunehaut se nomme Flavius (Greg. Tur., l. IX, c. XIX). À son favori Protadius succède «le Romain Claudius, fort lettré et agréable conteur» (Fredegar., c. XXVIII). Dagobert a pour ambassadeurs Servatus et Paternus, pour généraux Abundantius et Venerandus, etc. (Gesta Dagoberti, passim)... etc., etc.—Sans doute plus d'un roi mérovingien perdit dans ce contact avec les vaincus la rudesse barbare, et voulut apprendre avec ses favoris l'élégance latine: Fortunat écrit à Charibert:
Floret in eloquio lingua latina tuo.
Qualis es in proprià docto sermone loquelà
Qui nos Romano vincis in eloquio?
—«Sigebertus erat elegans et versutus.»—Sur Chilpéric, V. plus bas.—Les Francs semblent avoir eu de bonne heure la perfidie byzantine: «Franci mendaces, sed hospitales (sociables?).» Salvian., l. VII, p. 169. «Si pejeret Francus, quid novi faceret; qui perjurium ipsum sermonis genus esse putat, non criminis.» Salvian., l. IV, c. XIV.—«Franci, quibus familiare est ridendo fidem frangere.» Flav. Vopiscus in Proculo.
87—page [171]—Le Romain Mummole bat les Saxons...
Lorsque les Saxons rentrèrent dans leur pays, ils trouvèrent la place prise: «Au temps du passage d'Alboin en Italie, Clotaire et Sigebert avaient placé, dans le lieu qu'il quittait, des Suèves et d'autres nations; ceux qui avaient accompagné Alboin, étant revenus du temps de Sigebert, s'élevèrent contre eux et voulurent les chasser et les faire disparaître du pays; mais eux leur offrirent la troisième partie des terres, disant: «Nous pouvons vivre ensemble sans nous combattre.» Les autres, irrités parce qu'ils avaient auparavant possédé ce pays, ne voulaient aucunement entendre à la paix. Les Suèves leur offrirent alors la moitié des terres, puis les deux tiers, ne gardant pour eux que la troisième partie. Les autres le refusant, les Suèves leur offrirent toutes les terres et tous les troupeaux, pourvu seulement qu'il renonçassent à combattre; mais ils n'y consentirent pas, et demandèrent le combat. Avant de le livrer, ils traitèrent entre eux du partage des femmes des Suèves, et de celle qu'aurait chacun après la défaite de leurs ennemis qu'ils regardaient déjà comme morts; mais la miséricorde de Dieu, qui agit selon sa justice, les obligea de tourner ailleurs leurs pensées; le combat ayant été livré, sur vingt-six mille Saxons, vingt mille furent tués, et des Suèves, qui étaient six mille quatre cents, quatre-vingts seulement furent abattus, et les autres obtinrent la victoire. Ceux des Saxons qui étaient demeurés après la défaite jurèrent, avec des imprécations, de ne se couper ni la barbe ni les cheveux jusqu'à ce qu'ils se fussent vengés de leurs ennemis; mais ayant recommencé le combat, ils éprouvèrent encore une plus grande défaite, et ce fut ainsi que la guerre cessa.» Greg. Tur., l. V, c. XV. V. aussi Paul Diacre, De Gestis Langobardorum, ap. Muratori, I.
88—page [173]—Frédégonde, entourée de superstitions païennes...