30—page [92]La primatie de Rome commence à poindre...

Au commencement du cinquième siècle, Innocent Ier avance quelques timides prétentions, invoquant la coutume et les décisions d'un synode. (Epist. 2: «Si majores causæ in medium fuerint devolutæ, ad sedem apostolicam, sicut synodus statuit et beata consuetudo exigit, post judicium episcopale referantur.—Epist. 29: Patres non humanâ sed divinâ decrevere sententiâ, ut quidquid, quamvis de disjunctis remotisque provinciis ageretur, non prius ducerent finiendum, nisi ad hujus sedis notitiam pervenirent).»—On disputait beaucoup sur le sens du célèbre passage: Petrus es, etc., et saint Augustin et saint Jérôme ne l'interprétaient pas en faveur de l'évêché de Rome. (Augustin, de divers. Serm., 108. Id., in Evang. Joan., tract. 124.—Hieronym., in Amos, 6, 12. Id. adv. Jovin., l. I). Mais saint Hilaire, saint Grégoire de Nysse, saint Ambroise, saint Chrysostome, etc., se prononcent pour la prétention contraire. À mesure qu'on avance dans le cinquième siècle, on voit peu à peu tomber l'opposition; les papes et leurs partisans élèvent plus haut la voix (Concil., Ephes. ann. 431, actio III.—Leonis I, Epist. 10: «Divinæ cultum religionis ita Dominus instituit, ut veritas per apostolicam tubam in salutem universitatis exiret... ut (id officium) in B. Petri principaliter collocaret.—Epist. 12: Curam quam universis ecclesiis principaliter ex divinâ institutione debemus, etc., etc.»—Enfin Léon-le-Grand prit le titre de chef de l'Église universelle (Leonis I epist., 103, 97).

31—page [92]Le premier exemple du travail accompli par des mains libres...

Régula S. Bened., c. 48: Otiositas inimica est animæ... «L'oisiveté est ennemie de l'âme: aussi les frères doivent être occupés, à certaines heures, au travail des mains; dans d'autres, à de saintes lectures.»—Après avoir réglé les heures du travail, il ajoute: «Et si la pauvreté du lieu, la nécessité ou la récolte des fruits tient les frères constamment occupés, qu'ils ne s'en affligent point, car ils sont vraiment moines s'ils vivent du travail de leurs mains, ainsi qu'ont fait nos pères et les apôtres.»

Ainsi, aux Ascètes de l'Orient, priant solitairement au fond de la Thébaïde, aux Stylites, seuls sur leur colonne, aux Εὐχίται errants, qui rejetaient la loi et s'abandonnaient à tous les écarts d'un mysticisme effréné, succédèrent en Occident des communautés attachées au sol par le travail. L'indépendance des cénobites asiatiques fut remplacée par une organisation régulière, invariable; la règle ne fut plus un recueil de conseils, mais un code.

32—page [93]Le druidisme proscrit s'était réfugié dans le peuple...

Ælianus Spartianus, in Pescenn. Nigro. Vopisc, in Numeriano: «Cùm apud Tungros in Galliâ, quâdam in cauponâ moraretur, et cum druide quâdam muliere rationem convictûs sui quotidiani faceret, at illa diceret: Diocletiane, nimium avarus, nimium parcus es; joco, non serio, Diocletianum respondisse fertur: Tunc ero largus, cùm imperator fuero. Post quod verbum druida dixisse fertur: Diocletiane, jocari noli: nam imperator eris, cùm Aprum occideris.—Id. in Diocletiano, Dicebat (Diocletianus) quodam tempore Aurelianum Gallicanas consuluisse druidas, sciscitantem utrum apud ejus posteros imperium permaneret: tùm illas respondisse dixit: Nullius clarius in republicâ nomen quàm Claudii posterorum futurum.»