Cette noblesse de mère se trouve ailleurs aussi en France, et même sous la première race (Voy. Beaumanoir). Charles V (15 novembre 1370) assujettit les nobles de mère au droit de franc fief. À la deuxième rédaction de la Coutume de Chaumont, les nobles de pères réclament contre; Louis XII ordonne que la chose reste en suspens.—La Coutume de Troyes consacrait l'égalité de partage entre les enfants; de là l'affaiblissement de la noblesse. Par exemple, Jean, sire de Dampierre, vicomte de Troyes, décéda, laissant plusieurs enfants qui partagèrent entre eux la vicomté. Par l'effet des partages successifs, Eustache de Conflans en posséda un tiers, qu'il céda à un chapitre de moines. Le second tiers fut divisé en quatre parts, et chaque part en douze lots, lesquels se sont divisés entre diverses maisons et les domaines de la ville et du roi.

36—page [76]Les histoires allégoriques et satiriques de Renard et Isengrin...

L'esprit railleur du nord de la France éclate dans les fêtes populaires.

En Champagne et ailleurs, roi de l'aumône (bourgeois élu: pour délivrer deux prisonniers, etc.); roi de l'éteuf (ou de la balle) (Dupin, Deux-Sèvres); roi des arbalétriers avec ses chevaliers (Cambry, Oise, II); roi des guétifs ou pauvres, encore en 1770 almanach d'Artois, 1770; roi des rosiers ou des jardiniers, aujourd'hui encore en Normandie, Champagne, Bourgogne, etc.—À Paris, fêtes des sous-diacres ou diacres soûls, qui faisaient un évêque des fous, l'encensaient avec du cuir brûlé; on chantait des chansons obscènes; on mangeait sur l'autel.—À Évreux, le 1er mai, le jour de Saint-Vital, c'était la fête des cornards; on se couronnait de feuillages, les prêtres mettaient leur surplis à l'envers, et se jetaient les uns aux autres du son dans les yeux; les sonneurs lançaient des casse-museau (galettes).—À Beauvais, on promenait une fille et un enfant sur un âne... à la messe, le refrain chanté en chœur était hihan!—À Reims, les chanoines marchaient sur deux files, traînant chacun un hareng, chacun marchant sur le hareng de l'autre...—À Bouchain, fête du prévôt des étourdis; à Chalon-sur-Saône, des gaillardons; à Paris, des enfants sans-souci, du régiment de la calotte, et de la confrérie de l'aloyau.—À Dijon, procession de la mère folle.—À Harfleur, au mardi gras, fête de la scie. (Dans les armes du président Cossé-Brissac, il y avait une scie.) Les magistrats baisent les dents de la scie. Deux masques portent le bâton friseux (montants de la scie). Puis on porte le bâton friseux à un époux qui bat sa femme.—Dès le temps de la conquête de Guillaume existait l'association de la chevalerie d'Honfleur.

37—page [81]Plus on avance au nord dans cette grasse Flandre, etc...

Voy. les Coutumes du comté de Flandre, traduites par Legrand, Cambrai. 1719, Ier vol. Coutume de Gand, p. 149, rub. 26: Niemandt en sal bastaerdi wesen van de mœder: Personne ne sera bâtard de la mère; mais ils succéderont à la mère avec les autres légitimes (non au père). Ceci montre bien que ce n'est pas le motif religieux ou moral qui les exclut de la succession du père, mais le doute de la paternité. Dans cette Coutume, il y a communauté, partage égal dans les successions, etc.

La Flandre est une Lombardie prosaïque...

Vous y retrouvez la prédilection pour le cygne, qui, selon Virgile, était l'ornement du Mincius et des autres fleuves de Lombardie. Dès l'entrée de l'ancienne Belgique, Amiens, la petite Venise, comme l'appelait Louis XIV, nourrissait sur la Somme les cygnes du roi. En Flandre, une foule d'auberges ont pour enseigne le cygne.