Le paganisme est encore très-fort à cette époque. Dans un concile où assistèrent Sonnat, évêque de Reims, et quarante évêques, on décide: «Que ceux qui suivent les augures et autres cérémonies païennes, ou qui font des repas superstitieux avec des païens, soient d'abord doucement admonestés et avertis de quitter leurs anciennes erreurs; que s'ils négligent de le faire, et se mêlent aux idolâtres et à tous ceux qui sacrifient aux idoles, ils soient soumis à une pénitence proportionnée à leur faute.» Frodoart, l. II, c. V.—Dans Grégoire de Tours (l. VIII, c. XV), saint Wulfilaïc, ermite de Trèves, raconte comment il a renversé (en 585) la Diane du lieu et les autres idoles.—Les conciles de Latran, en 402, d'Arles, en 452, défendent le culte des pierres, des arbres et des fontaines. On lit dans les canons du concile de Nantes, en 658: «Summo decertare debent studio episcopi et eorum ministri, ut arbores dæmonibus consacratæ quas vulgus colit, et in tenta veneratione habet ut nec ramum nec surculum inde audeat amputare, radicitus exsindantur atque comburantur. Lapides quoque quos in ruinosis, locis et silvestribus dæmonum ludificatinibus decepti venerantur, ubi et vota vovent et deferunt, funditus effodiantur, atque in tali loco projiciantur, ubi nunquam a cultoribus suis inveniri possint. Omnibusque interdicatur ut nullus candelam vel aliquod munus alibi deferat nisi ad ecclesiam Domino Deo suo...» Sirmund., t. III, Conc. Galliæ. V. aussi le vingt-deuxième canon du Concile de Tours, en 567, et les Capitulaires de Charlemagne, ann. 769.
[213]: «De Frédégonde te souvienne,» dit saint Ouen à son ami Ébroin, défenseur de la Neustrie contre l'Ostrasie.—La prédominance appartint d'abord à la Neustrie. Depuis Clovis, et avant le complet anéantissement de l'autorité royale, sous les maires du palais, quatre rois ont réuni toute la monarchie franque: ce sont des rois de Neustrie:—Clotaire Ier, 558-561.—Clotaire II, 613-628.—Dagobert Ier, 631-638.—Clovis II, 655-656.—En effet, c'était en Neustrie que s'était établi Clovis, avec la tribu alors prépondérante.—La Neustrie était plus centrale, plus romaine, plus ecclésiastique.—L'Ostrasie était en proie aux fluctuations continuelles de l'émigration germanique.
[214]: «Les bourgs situés aux environs de Paris furent entièrement consumés par la flamme, dit Grégoire de Tours; l'ennemi détruisit les maisons comme tout le reste, et emmena même les habitants en captivité. Sigebert conjurait qu'on n'en fît rien; mais il ne pouvait contenir la fureur des peuples venus de l'autre bord du Rhin. Il supportait donc tout avec patience, jusqu'à ce qu'il pût revenir dans son pays. Quelques-uns de ces païens se soulevèrent contre lui, lui reprochant de s'être soustrait au combat; mais lui, plein d'intrépidité, monta à cheval, se présenta devant eux, les apaisa par des paroles de douceur, et ensuite en fit lapider un grand nombre.»
[215]: Chilpéric vint à Paris prendre les trésors de Brunehaut, et la relégua elle-même à Rouen, et ses filles à Meaux.
[216]: Grégoire de Tours.
[217]: Greg. Tur., liv. VII, CXLV.—«Sed versiculi illi, dit Grégoire de Tours, nulli penitus metricæ conveniunt rationi.» Liv. V, c. XLV.—Cependant la tradition lui attribue l'épitaphe suivante sur saint Germain-des-Prés:
Ecclesiæ speculum, patriæ vigor, ara reorum,
Et pater, et medicus, pastor amorque gregis,
Germanus virtute, fide, corde, ore beatus;
Carne tenet tumulum, mentis honore polum.
Vir cui dura nihil nocuerunt fata sepulcri:
Vivit enim, nam mors quem tulit ipsa timet.
Crevit adhuc potius justus post funera; nam qui
Fictile vas fuerat, gemma superna micat.
Hujus opem et meritum mutis data verba loquuntur,
Redditus et cæcis predicat ore dies.
Nunc vir apostolicus, rapiens de carne trophæum,
Jure triumphali considet arce throni.
(Apud Aimoin., l. III, c. X.)
Il ajouta des lettres à l'alphabet... «et misit epistolas in universas civitates regni sui, ut sic pueri docerentur, ac libri antiquitus scripti, planatipumice rescriberentur.» Greg. Tur., l. V, XLV.
[218]: Voy. dans Grég. de Tours (l. VI, c. XXII) sa clémence envers un évêque qui avait dit, entre autres injures, qu'en passant du royaume de Gontran dans celui de Chilpéric, il passait de paradis en enfer.—Cependant, ailleurs il se plaint amèrement des évêques (ibid., l. VI, c. XLVI); «Nullum plus odio habens quam ecclesias; aiebat enim plerumque: Ecce pauper remansit fiscus noster, ecce divitiæ nostræ ad ecclesias sunt translatæ; nulli penitus, ni soli episcopi regnant; periit honor noster, et transiit ad episcopos civitatunt.»