[299]: «Il s'essayait à écrire, et portait d'habitude sous son chevet des tablettes, afin de pouvoir, dans ses moments de loisir, s'exercer la main à tracer des lettres; mais ce travail ne réussit guère; il l'avait commencé trop tard.»

Eginh, in Karol. M., c. XXV. «Il apprit la grammaire sous le diacre Pierre de Pise, et eut pour maître dans ses autres études, Albinus, surnommé Alcuin, également diacre, né en Bretagne, et de race saxonne, homme d'une science universelle, et sous la direction duquel il donna beaucoup de temps et de travail à la rhétorique et à la dialectique, mais surtout à l'astronomie. Il apprenait aussi le calcul, et étudiait le cours des astres, avec une curieuse et ardente sagacité.»—«Dans les dernières années de sa vie, il ne fit plus que de s'occuper de prières et d'aumônes et corriger des livres. La veille de sa mort, il avait soigneusement corrigé, avec des Grecs et des Syriens, les évangiles de saint Mathieu, de saint Marc, de saint Luc et de saint Jean.» Thegan. de Gestis Ludov. Pii, c. VII, ap. Scr. Fr. VI, 76.—Il envoya aussi, «à son meilleur ami,» le pape Adrien, un Psautier en latin, écrit en lettres d'or, et avec une dédicace en vers. (Eginh. ap. Script. Rer. Franc. t. V, p. 402.) Aussi l'ensevelit-on avec un Évangile d'or à la main. (Monach. Engolism. in Kar. M., ibid. 186.)

[300]: «À une certaine fête, comme un jeune homme, parent du roi, chantait fort bien Alleluia, le roi dit à un évêque qui se trouvait là: «Il a bien chanté notre clerc!» L'autre sot, prenant cela pour une plaisanterie, et ignorant que le clerc fût parent de l'empereur, répondit: «Les rustres en chantent autant à leurs bœufs.» À cette impertinente réponse, l'empereur lui lança un regard terrible, dont il tomba foudroyé.» Moine de Saint-Gall.

Eginh. in Kar. M., c. XXVI. «Il perfectionna soigneusement la lecture et le chant sacrés, car il s'y entendait admirablement, quoiqu'il ne lût jamais lui-même en public, et qu'il ne chantât qu'à demi voix et en chœur.»—Mon. Sangall., l. I, c. VII.

Jamais, dans la basilique du docte Charles, il ne fut besoin de désigner à chacun le passage qu'il devait lire, ni d'en marquer la fin avec de la cire ou avec l'ongle, tous savaient si bien ce qu'ils avaient à lire, que si on leur disait à l'improviste de commencer, jamais on ne les trouvait en faute. Lui-même, il levait le doigt ou un bâton, ou envoyait quelqu'un aux clercs assis loin de lui, pour désigner celui qu'il voulait faire lire. Il marquait la fin, par un son guttural, que tous attendaient en suspens, tellement que, soit qu'il fit signe après la fin d'un sens, ou à un repos au milieu de la phrase, ou même avant le repos, personne ne reprenait trop haut ou trop bas. En sorte que, bien que tous ne comprissent pas, c'était dans son palais que se trouvaient les meilleurs lecteurs, et nul n'osa entrer parmi ses choristes (fût-il même connu d'ailleurs) qui ne sût bien lire et bien chanter.»

[301]: Mon. S. Galli, l. I, c. XXXII. «Quæ (mansiones) ita circa palatium peritissimi Caroli ejus dispositione constructæ sunt, ut ipse per cancellos solarii sui cuncta posset videre, quæcumque ab intrantibus vel exeuntibus quasi latenter fierent. Sed et ita omnia procerum habitacula a terra erant in sublime suspensa, ut sub eis non solum militum milites et eorum servitores, sed omne genus hominum ab injuriis imbrium vel nivium, vel gelu, caminis possent defendi, et nequaquam tamen ab oculis acutisssimi Caroli valerent abscondi.»

[302]: Eginh. in Kar. M., c. XXVI. «Ecclesiam mane et vespere, item nocturnis horis et sacrificii tempore, quoad eum valetudo permiserat, impigre frequentabat.»—Mon. Sangall., l. I, c. XXXIII: «Gloriosissimus Carolus ad nocturnas laudes pendulo et profundissimo pallio utebatur.»

[303]: Eginh. in Kar. M., c. XXII. «Corpore fuit amplo atque robusto, statura eminenti, quæ tamen justam non excederet... apice corporis rotundo, oculis prægrandibus ac vegetis, naso paululum mediocritatem excedente... Cervix obesa et brevior, venterque projectior... Voce clara quidem, sed quæ minus corporis formæ conveniret.—Medicos pene exosos habebat, quod ei in cibis assas, quibus assuetus erat, dimittere, et elixis adsuescere suadebant.»—Permis aux grandes Chroniques de Saint-Denys, écrites si longtemps après, de dire qu'il fendait un chevalier d'un coup d'épée, et qu'il portait un homme armé debout sur la main. On a proportionné l'empereur à l'empire, et conclu que celui qui régnait de l'Elbe à l'Èbre devait être un géant.

[304]: Id. ibid., c. XIX: «Nunquam iter sine illis faceret. Adequitabant et filii, filiæ vero pone sequebantur,.. Quæ cum pulcherrimæ essent et ab eo plurimum diligerentur, mirum dictu quod nullam earum cuiquam aut suorum aut exterorum nuptum dare voluit... Sed omnes secum usque ad obitum suum in domo sua retinuit, dicens se earum contubernio carere non posse. Ac propter hoc, alias felix, adversæ fortunæ malignitatem expertus est. Quod tamen ita dissimulavit, ac si de eis nunquam alicujus probri suspicio exorta, vel fama dispersa fuisset.»

[305]: V. un passage curieux d'une vie de saint Grégoire, ap. Scrip. Rer. Fr. t. V, p. 445.—V. aussi la vie de Charlemagne, par un moine d'Angoulême (ap. Scr. Fr. V, 185).—Mon. Sangall., l. I, c. X. «Voyant avec douleur que le chant était divers selon les diverses provinces, il demanda au pape douze clercs instruits dans la psalmodie. Mais, par malice, lorsqu'on les eut dispersés de côté et d'autre, ils se mirent à enseigner tous des méthodes différentes. Charles indigné se plaignit au pape, et le pape les mit en prison.»