Qui sont les triades de choses mémorables, de souvenirs et de sciences, concernant les hommes et les faits nombreux qui furent en Bretagne, et concernant les circonstances et les infortunes qui ont désolé la nation des Cambrions à plusieurs époques (traduites par Probert. Voy. page [193].)
Voici les trois noms donnés à l'île de Bretagne.—Avant qu'elle fût habitée, on l'appelait le Vert-Espace entouré des eaux de l'Océan (the Seagirt Green Space); après qu'elle fût habitée, elle fut appelée île de Miel; et après que le peuple eût été formé en société par Prydain, fils d'Aedd le Grand, elle fut appelée l'île de Prydain. Et personne n'a droit sur elle que la tribu des Cambriens, car les premiers ils en prirent possession; et avant ce temps-là, il n'y eut aucun homme vivant, mais elle était pleine d'ours, de loups, de crocodiles et de bisons.
Voici les trois principales divisions de l'île de Bretagne.—Cambrie, Lloegrie et Alban, et le rang de souveraineté appartient à chacun d'eux. Et sous une monarchie, sous la voix de la contrée, ils sont gouvernés selon les établissements de Prydain, fils d'Aedd le Grand; et à la nation des Cambriens appartient le droit d'établir la monarchie selon la voix de la contrée et du peuple, selon le rang et le droit primordial. Et sous la protection de cette règle, la royauté doit exister dans chaque contrée de l'île de Bretagne, et toute la royauté doit être sous la protection de la voix de la contrée; c'est pourquoi il y a ce proverbe: Une nation est plus puissante qu'un chef.
Voici les trois piliers de la nation dans l'île de Bretagne.—La voix de la contrée, la royauté et la judicature d'après les établissements de Prydain, fils d'Aedd le Grand. Le premier fut Hu le Puissant, qui amena la nation le premier dans l'île de Bretagne; et ils vinrent de la contrée de l'été, qui est appelée Defrobani (Constantinople?); et ils vinrent par la mer Hazy (du Nord) dans l'île de Bretagne et dans l'Armorique, où ils se fixèrent. Le second fut Prydain, fils d'Aedd le Grand, qui le premier organisa l'état social de la souveraineté en Bretagne. Car avant ce temps il n'y avait de justice que ce qui était fait par faveur, ni aucune loi excepté celle de la force. Le troisième fut Dyvnwal Moemud; car il fit le premier des règlements concernant les lois, maximes, coutumes et priviléges relatifs au pays et à la tribu. Et à cause de ces raisons ils furent appelés les trois piliers de la nation des Cambriens.
Voici les trois tribus sociales de l'île de Bretagne.—La première fut la tribu des Cambriens, qui vint dans l'île de Bretagne avec Hu le Puissant, parce qu'ils ne voulaient pas posséder un pays par combat et conquête, mais par justice et tranquillité. La seconde fut la tribu des Lloegriens, qui venaient de la Gascogne; ils descendaient de la tribu primitive des Cambriens. Les troisièmes furent les Brython, qui étaient descendus de la tribu primitive des Cambriens. Ces tribus étaient appelées les pacifiques tribus, parce qu'elles vinrent d'un accord mutuel, et ces tribus avaient toutes trois la même parole et la même langue.
Les trois tribus réfugiées: Calédoniens, Irlandais, le peuple de Galedin, qui vinrent dans des vaisseaux nus en l'île de Wight, lorsque leur pays était inondé; il fut stipulé qu'ils n'auraient le rang de Cambriens qu'au neuvième degré de leur descendance.
Les trois envahisseurs sédentaires: les Coraniens, les Irlandais Pictes, les Saxons.
Les trois envahisseurs passagers: les Scandinaves; Gadwall l'Irlandais (conquête de vingt-neuf ans), vaincu par Caswallon, et les Césariens.
Les trois envahisseurs tricheurs; les Irlandais rouges en Alban, les Scandinaves et les Saxons.
Voici les trois disparitions de l'île de Bretagne: la première est celle de Gavran et ses hommes qui allèrent à la recherche des îles vertes des inondations; on n'entendit jamais parler d'eux. La seconde fut Merddin, le barde d'Emrys (Ambrosius, successeur de Vortigern?), et ses neuf bardes, qui allèrent en mer dans une maison de verre; la place où ils allèrent est inconnue. La troisième fut Madog, fils d'Owain, roi des Galles du Nord, qui alla en mer avec trois cents personnes dans dix vaisseaux; la place où ils allèrent est inconnue.