Pour moi, j'étais encore loin de cette idée, lorsqu'on 1845, préparant mon livre le Peuple, je commençai en Normandie l'étude de la population des côtes. Dans les quinze dernières années, ce sujet vaste et difficile a été grandissant pour moi et m'a suivi de plage en plage.
Le 1er livre, un Regard sur les Mers, n'est, comme ce titre l'indique, qu'une promenade préalable. Toutes les matières importantes reviendront dans les livres suivants.
J'en excepte deux, les Marées et les Phares. Ici, mon guide principal a été M. Chazallon; son important Annuaire, qui compte aujourd'hui vingt volumes. Le premier est de 1859. Si l'on donnait une couronne civique à celui qui sauve une vie humaine, combien n'en eût-il pas reçu! Jusqu'à lui, les erreurs sur les marées étaient énormes. Par un travail immense, il a rectifié les observations pour près de cinq cents ports, de l'Adour à l'Elbe.—Son Annuaire donne sur les phares les renseignements les plus précis. Rapprochez-en l'exposé clair et agréable que M. de Quatrefages (Souvenirs) a fait du système d'éclairage de Fresnel et Arago. L'admirable invention des phares à éclipses est due à Descroizilles et à Lemoine, tous deux de Dieppe. (V. M. Ferey.)
Pour les noms divers de la Mer (p. 3), voir Ad. Pictet, Origines indo-européennes.—Sur l'eau, Introduction de l'Annuaire des eaux de France (par Deville); Aimé, Annales de chimie, II, V, XII, XIII, XV; Morren, ibidem, I, et Acad. de Bruxelles, XIV, etc.—Sur la salure de la mer, Chapmann, cité par Tricaut, Ann. d'hydrographie, XIII, 1857; et Thomassy, Bulletin de la Société géographique, 4 juin 1860.
Page 19. S. Michel en grève. Je n'ai bien compris cette plage et les questions qui s'y rattachent qu'en lisant dans la Revue des Deux Mondes les très-beaux articles de M. Baude, si instructifs, pleins de faits, pleins d'idées.
Je parle ailleurs de ses vues excellentes sur la pêche.
En parlant de la Bretagne (ch. III, p. 25), j'aurais dû remercier le livre de Cambry, qui m'en a donné jadis la première impression. Il faut le dire dans l'édition que Souvestre a enrichie (et doublée, on peut le dire) de ses notes et notices excellentes, qui faisaient dès lors prévoir les Derniers Bretons. Dans plusieurs petits romans, admirables de vérité, Souvestre a donné les meilleurs tableaux que l'on ait de nos côtes de l'Ouest, spécialement pour le Finistère, et aussi pour les parages voisins de la Loire. J'aurais été heureux de citer quelque chose d'un si agréable écrivain (d'un ami si regrettable). Mais je me suis interdit dans ce petit livre toute citation littéraire.
Le mot remarquable d'Élie de Beaumont (ch. IV, p. 31) se trouve en tête d'un article qui est un grand livre, son article Terrains, dans le Dictionnaire de M. d'Orbigny.
CHAP. VII, p. 70. Ce que je dis de Royan et Saint-Georges, on le retrouvera bien mieux dit dans les charmants livres de Pelletan, dans sa Naissance d'une ville, et dans son Pasteur du Désert. Ce pasteur est, comme on sait, le grand-père de Pelletan, le ministre Jarousseau, admirable et héroïque pour sauver ses ennemis. La petite maison qui subsiste est un temple de l'humanité.
NOTES DU LIVRE II. Genèse de la Mer.—CHAP. I. Fécondité.—Sur le Hareng, voir l'anonyme hollandais, trad. par de Reste, tome I; Noël de la Morinière, dans ses très-bons ouvrages, imprimés et inédits: Valenciennes, Poissons; etc.