FIN DE LA SORCIÈRE.


NOTES:

[1] Conf. de S. Cyprien, ap. Muratori, Script. it., I, 293, 515.—A. Maury, Magie, 435.

[2] Voy. Mansi, Baluze; Conc. d'Arles, 442; de Tours, 567; de Leptines, 743; les Capitulaires, etc. Gerson même, vers 1400.

[3] Voy. les Vies des Pères du désert, et les auteurs cités par A. Maury, Magie, 317. Au quatrième siècle, les Messaliens, se croyant pleins de démons, se mouchaient et crachaient sans cesse, faisaient d'incroyables efforts pour les expectorer.

[4] Ici, j'ai supprimé un mot choquant. Goethe, si noble dans la forme, ne l'est pas autant d'esprit. Il gâte la merveilleuse histoire, souille le grec d'une horrible idée slave. Au moment où on pleure, il fait de la fille un vampire. Elle vient parce qu'elle a soif de sang, pour sucer le sang de son cœur. Et il lui fait dire froidement cette chose impie et immonde: «Lui fini, je passerai à d'autres; la jeune race succombera à ma fureur.»

Le Moyen-âge habille grotesquement cette tradition pour nous faire peur du diable Vénus. Sa statue reçoit d'un jeune homme une bague qu'il lui met imprudemment au doigt. Elle la serre, la garde comme fiancée, et, la nuit, vient dans son lit en réclamer les droits. Pour le débarrasser de l'infernale épouse, il faut un exorcisme.—Même histoire dans les fabliaux, mais appliquée sottement à la Vierge.—Luther reprend l'histoire antique, si ma mémoire ne me trompe, dans ses Propos de table, mais fort grossièrement, en faisant sentir le cadavre.—L'espagnol Del Rio la transporte de Grèce en Brabant. La fiancée meurt peu avant ses noces. On sonne les cloches des morts. Le fiancé désespéré errait dans la campagne. Il entend une plainte. C'est elle-même qui erre sur la bruyère... «Ne vois-tu pas, dit-elle, celui qui me conduit?—Non.» Mais il la saisit, l'enlève, la porte chez lui. Là, l'histoire risquait fort de devenir trop tendre et trop touchante. Ce dur inquisiteur, Del Rio, en coupe le fil. «Le voile levé, dit-il, on trouva une bûche vêtue de la peau d'un cadavre.»—Le juge le Loyer, quoique si peu sensible, nous restitue pourtant l'histoire primitive.

Après lui, c'est fait de tous ces tristes narrateurs. L'histoire est inutile. Car notre temps commence, et la Fiancée a vaincu. La Nature enterrée revient, non plus furtivement, mais maîtresse de la maison.

[5] Voy. J. Grimm, Rechts alterthümer, et mes Origines du droit.