Cette victoire de chaque jour du fils aimé de la lumière sur la mort, sur la vie meurtrière et ténébreuse, c'est le juste sujet du chant, de cet hymne de joie immense dont l'oiseau salue chaque aurore.

Mais avec le chant, l'oiseau a beaucoup d'autres langages. Comme l'homme, il jase, prononce, dialogue. Il est avec nous le seul être qui ait vraiment une langue. L'homme et l'oiseau sont le verbe du monde.

(Page ) L'oiseau, qui est un augure, se rapproche toujours de l'homme, qui toujours lui fait du mal. Il le devine et le pressent tel sans doute qu'il sera un jour, quand il sortira de la barbarie où nous le voyons encore.

Il reconnaît en lui la créature unique, sanctifiée et bénie, qui doit être l'arbitre de toutes, qui doit accomplir le destin de ce globe par un suprême bienfait: Le ralliement de toute vie et la conciliation des êtres.

Ce ralliement pacifique doit s'opérer à la longue par un grand art d'éducation et d'initiation, que l'homme commence à entrevoir.


[Page 5]. Éducation du vol, et [page 26].—Est-ce à tort que l'homme, en ses rêveries, pour se faire croire à lui-même qu'il sera plus qu'homme un jour, s'attribue des ailes? rêve ou pressentiment, n'importe.

Il est sûr que le vol, tel que le possède l'oiseau, est vraiment un sixième sens. Il serait stupide de n'y voir qu'une dépendance du tact. (Voyez, entre autres ouvrages, Huber, Vol des oiseaux de proie, 1784.)

L'aile n'est si rapide et si infaillible que parce (Page ) qu'elle est aidée d'une puissance visuelle qui ne se retrouve non plus dans toute la création.

L'oiseau, il faut en convenir, est tout dans l'air, dans la lumière. S'il est une vie sublime, une vie de feu, c'est celle-là.