—De sa guérison, oh! absolument; elle sera longue, mais elle est certaine; allons-nous-en.

Et Georgette resta seule avec celui qu'elle aimait, écoutant sa respiration devenue plus régulière et plus douce, observant ses mouvements moins fréquents et moins brusques; le médecin ne l'avait pas trompée: une amélioration sensible s'était produite depuis la veille, la jeunesse triomphait du mal, et cette pensée: il vivra! lui arrachait un sourire; à quelques mots confus qu'elle perçut: «Il parle, se disait-elle... il a soif peut-être;» et approchant son oreille des lèvres du malade, elle écouta, puis eut un mouvement de joie: «Mon nom! dit-elle, il rêve de moi!» Le voyant promener sa langue sur ses lèvres desséchées, elle pensa qu'il avait soif; elle entr'ouvrit la porte de la pièce voisine, pour dire au domestique de venir soulever son maître; le domestique dormait profondément dans un fauteuil. La jeune fille alors prit la tasse contenant le breuvage ordonné par le médecin, souleva la tête de son bien-aimé et présenta la tasse à sa bouche entr'ouverte....

Il but d'abord avidement, avec l'inconscience que donne le demi-sommeil, et puis ouvrit les yeux, regarda Georgette... la regarda longtemps.... «Ah! je reprends mon rêve interrompu,» murmura-t-il avec une expression heureuse.

Georgette lui reposa la tête sur son oreiller et voulut s'enfuir.

—Ah! ce n'est pas un rêve, s'écria-t-il! oh! Georgette, ne me quittez pas!

Elle s'arrêta au seuil de la porte et se retourna vers lui. Il se dressa, tendit ses bras vers la jeune fille et, d'une voix tremblante d'émotion:

—Vous! fit-il, vous près de moi!

—Chut! fit-elle, ne parlez pas; il vous faut le repos le plus rigoureux.

—Ne vous en allez pas, je vous en supplie... votre présence près de moi me guérira plus vite que les remèdes du médecin.

Georgette revint vers lui: «Je veux bien rester, dit-elle, mais sur votre promesse de garder le silence....»