XV

DÉCEPTIONS DE LA FAMILLE JUJUBE

Les jours, les semaines s'écoulaient et rien ne faisait prévoir à l'affligée Athalie et à ses parents l'époque du rétablissement complet du futur époux, par conséquent la date du mariage convenu. Quand Jujube se présentait chez le blessé, il n'était jamais reçu, et mademoiselle Piédevache, toute à son inquiétude pour son neveu qu'elle adorait, ne pouvait que répéter à la famille impatiente: «C'est l'ordre formel du médecin; le pauvre enfant ne peut pas recevoir de visites; moi-même, quand je vais le voir, je ne fais qu'une apparition, mais le docteur m'écrit tous les jours quelques mots; la guérison est certaine, mais ça sera long; il faut attendre».

On attendait depuis un mois quand mademoiselle Piédevache arriva chez les Jujube, l'air fort satisfait.

—Enfin, dit-elle, le cher enfant peut recevoir des visites, il se lève et entre en convalescence.

Grande joie d'Athalie à cette bonne nouvelle:

—Qu'est-ce que peut durer la convalescence? un mois? demanda-t-elle.

—Oh! pas plus, je pense, répondit la tante.

—J'aurais grand plaisir à le voir, ce brave garçon, dit Jujube.

—Je viens vous prendre pour vous mener chez lui, répondit la vieille demoiselle; ma voiture est en bas; êtes-vous prêt?