Pistache était stupéfait; encore? répétait-t-il... encore....
—Oui encore?... dit madame Jujube. Comment, voilà plusieurs mois que cette plaisanterie dure; que ma fille et moi consentons au mariage; nous nous tuons à vous répéter qu'il vous faut le consentement du père et vous n'en finissez jamais et, après huit à dix jours où vous n'avez pas donné signe de vie, vous recommencez à demander s'il vous faut vous adresser à mon mari.
—Est-ce que vous croyez que papa va vous attendre éternellement? dit à son tour Athalie.
—Mais c'est madame votre mère qui m'a conseillé....
—Il a des vues sur un autre, mon mari, interrompit madame Jujube, un autre qui, lui, s'est présenté et a parlé.
Pistache fut atterré par cette déclaration; il bafouillait des mots sans suite, ne savait quelle contenance tenir, était enfin dans un état de complet ahurissement.
—Excusez-moi, dit Athalie, j'ai affaire.
Et elle sortit.
—Voyez mon mari, ajouta madame Jujube; moi, je n'ai rien de plus à vous dire.
Elle sortit à son tour; et le malheureux apothicaire se retira la tête perdue, et marchant comme un homme ivre.