—Où était-elle? demanda-t-il.

Le pharmacien indiqua la place où il l'avait déposée, et tous deux se mirent à bouleverser les fioles, mais vainement; puis voyant la fiole préparée pour Quatpuces, le patron demanda:

—Ce monsieur ne viendra donc pas chercher son élixir carthaginois?

—Il sort d'ici et il l'a emporté, répondit Pistache.

—Comment, il l'a emporté?... le voilà.

Pistache resta anéanti; il avait donné à Quatpuces la fiole de teinture de cantharides.

Impossible de courir chez lui, on ne savait ni son nom ni son adresse.

Pendant que le titulaire de l'officine et son futur successeur se disputaient et se lamentaient à la pensée de ce qui pouvait arriver de la substitution de médicaments, Quatpuces faisait l'acquisition d'un bouquet merveilleux pour se rendre au chemin de fer, tout heureux à la pensée des quelques bonnes journées qu'il allait passer.

Athalie venait de rentrer et allait faire connaître à ses parents l'événement qui devait tout changer, quand le savant fit son entrée. La vue de son bouquet qu'il offrit à madame Jujube, lui valut les plus chaleureux compliments, et Jujube s'empara de son hôte pour lui faire admirer l'habitation où on espérait bien le posséder plusieurs jours.

—C'est mon intention, dit-il, et j'ai apporté un peu de linge.... Je suis peut-être indiscret, mais vous m'aviez fait promettre....