Et Quatpuces tira son flacon de sa poche, puis:—Je demanderai également un verre d'eau, ajouta-t-il, mais sans fleur d'oranger.
A ce moment, la bonne apportant le verre demandé par mademoiselle Piédevache, on lui ordonna d'apporter un verre d'eau pure.
—Permettez-moi, madame, dit le savant, de verser dans votre verre un certain nombre de gouttes de cette composition. Puis, voyant rentrer la bonne portant le verre d'eau à lui destiné, il ajouta:—En en versant également dans le mien.
Et il versa le nombre voulu de gouttes, dans chaque verre.
—Qu'est-ce que c'est que cela, monsieur?
—Madame, c'est un médicament de ma composition, dont j'ai seul le secret et que vous ne trouverez dans aucune pharmacie, c'est l'élixir carthaginois.
Et Quatpuces raconta l'histoire ci-dessus exposée, donna aux plantes, composant son élixir, des noms barbares qu'on supposa être du carthaginois.
Les deux verres d'eau avalés, Jujube emmena Quatpuces, et, les trois dames restées seules, mademoiselle Piédevache mit naturellement, sur le tapis, la seule conversation à laquelle Athalie ne pouvait prendre part qu'avec un grand embarras traduit par des réticences, des silences et des monosyllabes.
—C'est le retard de son fiancé qui lui met la tête à l'envers, dit la vieille demoiselle en riant. Que fait-il ce lambin-là?... Pourquoi n'arrive-t-il pas.... Et avec une animation progressive, mademoiselle Piédevache se mit à parler de l'amour, de ses délices, de ses tourments en l'absence de l'être aimé, des transports des deux amants quand ils se revoient, et elle fredonna:
Bonheur de se revoir
Après des jours d'absence.