—Je descends, fit-il.
Il suivit le domestique, après avoir questionné du regard la servante qui lui répondit par un signe affirmatif.
Le dîner eut dû logiquement être égayé par les fiancés et par les époux Jujube, mais les deux premiers n'étaient pas en humeur joyeuse, semblaient rêveurs, échangeaient quelques mots à voix basse et des regards plus inquiets que tendres; le repas n'en fut pas moins d'une gaîté bruyante et peu à peu grivoise, puis presque érotique, grâce aux allusions lancées par mademoiselle Piédevache, au sujet de la nuit de noces, et, à la stupéfaction des époux Jujube, le grave Quatpuces riposta par les réflexions les plus salées.
Et M. et Madame Jujube de se demander:
—Mais qu'est-ce qu'ils ont? Ce Quatpuces! qui est-ce qui aurait dit ça de lui?
Et la vieille, sans qu'on l'en priât, se mit à chanter la chanson de Béranger:
Combien je regrette
Mon bras si dodu,
Ma jambe bien faite,
Et le temps perdu.
Et l'heure du coucher étant venue, les époux Jujube, en se retirant dans leur chambre, de se demander de nouveau:—Y comprends-tu quelque chose? Mais qu'est-ce qu'ils ont?
Le lendemain matin, à dix heures, mademoiselle Piédevache n'avait pas encore paru; on pensait que la vieille demoiselle avait prolongé son sommeil plus que d'ordinaire et on ne s'en occupait pas autrement.
Jujube était plus surpris de n'avoir pas vu Quatpuces dont il connaissait les habitudes ultra-matinales.