—Qu'est-ce que vous me dites là?
—La vérité, je viens de la voir, la pauvre vieille: son neveu, ma fille, ma femme, tout le monde est près d'elle.
—Sans doute une rupture d'anévrisme, une apoplexie foudroyante; on peut voir cela à son visage: exprime-t-il la souffrance?
—Du tout... au contraire... elle avait le sourire aux lèvres et, chose inexplicable, une pièce de vingt francs dans la main.
Quatpuces resta anéanti et il comprit qu'en effet il n'était pas allé chez la petite bonne.
Jujube annonça immédiatement à Athalie et à Bengali que leur mariage serait forcément retardé par le cruel événement. C'était leur ouvrir la voie des explications. Tous deux étaient d'accord pour faire connaître nettement leur intention; la fin, si douce d'ailleurs, de la bonne tante, rendant à son neveu toute liberté de rompre des projets si près d'aboutir et d'épouser Georgette. Jujube vit qu'il n'y avait pas à revenir là-dessus.
—Encore un mariage raté, s'écria-t-il avec désespoir.
—Non, mon ami, répondit madame Jujube, toujours pratique; sur ce elle prit une feuille de papier à lettres, écrivit dessus quelques lignes et la montra à son mari qui lut ce qui suit:
«Ah çà! cher monsieur Pistache, qu'attendez-vous définitivement pour parler à mon mari? il est tout disposé pour vous; finissons-en, faites votre demande, demain au plus tard, sinon il disposera de la main d'Athalie en faveur d'un autre.»