—Mais du tout, monsieur, je n'ai pas de moi une telle opinion.

—Je l'ai, moi, mademoiselle; ceci, oui, je me le suis dit en vous voyant, et c'est ce que se disent tout ceux qui vous voient, et vous ajoutez: Il me raconte un tas de calembredaines, c'est un farceur, un coureur d'aventures.... Et vous avez raison, je dois avoir l'air de tout cela; mais l'air ne fait pas la chanson... et si je vous offre l'abri de mon parapluie, croyez bien que c'est par simple obligeance et sans arrière-pensée.

—Vous avez un bon moyen de me le prouver: me prêteriez-vous votre parapluie, en me disant où je dois vous le renvoyer? Vous pouvez être certain que....

—Oh! très volontiers, mademoiselle, je vous en fais même cadeau si vous voulez: il n'est pas à moi.

Et les deux jeunes gens se mirent à rire de cette offre généreuse.

Bengali insista pour faire accepter à Georgette l'abri du parapluie, fit remarquer qu'une pareille proposition est très naturelle, qu'elle se fait tous les jours et est rarement repoussée. Georgette était crédule, confiante, bonne enfant.

—Allons, dit-elle, la pluie ne cesse pas, on attend cet éventail....

La cause de Bengali était gagnée.


II