—Manqué, manqué!... Qu'est-ce qu'il y a de manqué?... Ton père n'a opposé aucun refus. Ce jeune homme ne nous a rien dit, en définitive.

—Positivement, non, non, mais j'ai bien compris... et toi-même....

—Oui, je crois, mais enfin, s'il ne t'avait adressé que de simples galanteries?... Si tu t'étais méprise?... Qu'il parle, qu'il s'explique....

—Qu'il s'explique.... Il est si timide!

—Je le ferai bien parler; du train dont va ton père, le portrait durera longtemps, et je trouverai bien l'occasion de dénouer la langue à ton amoureux transi....

La séance terminée, Jujube sortit pour aller montrer sa croix au salon de peinture où il avait exposé son propre portrait, laissant le tendre pharmacien exprimer à madame Jujube son admiration pour le grand artiste.

Athalie était à son piano, et madame Jujube, seule avec Pistache, entreprit immédiatement de le faire déclarer ses intentions.

Sa diplomatie n'eut pas à se heurter à de grandes difficultés; il lui suffit de parler au timide jeune homme de son prochain établissement, de l'impossibilité où il se trouverait bientôt de rester garçon, ajoutant que l'éternel obstacle pour les jeunes gens à marier, c'était leur ambition des grosses dots.

—Oh! pas moi, madame, pas moi; un joli petit ménage où l'on s'aime bien, c'est tout ce que je demande, et pas un sou avec.

—Vous avez bien raison, dit madame Jujube, l'argent ne fait pas le bonheur.