—Je le sais si rarement....

—Et bien, vous devriez venir avec moi, voir mon portrait: vous me direz si c'est frappant.... Je le crois.... Et puis on sera enchanté de vous voir, chez monsieur Jujubès.

—Vous croyez?

—J'en suis sûr!

—Après tout, c'est possible, dit Bengali; ils connaissent ma tante.... C'est une bonne cliente, car tous les portraits d'elle dont j'ignorais l'auteur....

—Allons, venez! ajouta Pistache, en passant son bras sous celui de son ami. Et tous les deux arrivèrent chez l'artiste qui, par extraordinaire, était en avance et préparait sa palette. Il alla à Bengali, le sourire aux lèvres et la main tendue:—Ah! vous voilà donc, faiseur de surprises!

—Voyez-vous, fit Pistache, je vous l'avais bien dit qu'on n'était pas fâché contre vous.

—Fâchés! nous? s'écria Jujube; est-ce que les artistes se fâchent pour une plaisanterie spirituelle? C'est bon pour des bourgeois, de se fâcher en pareil cas.

Et Jujube serra de nouveau la main de Bengali stupéfait par cet accès de politesse foudroyante.

—Je vais prévenir ma femme et ma fille de votre bonne visite, dit l'artiste.