Monsieur et madame Bonnaud, rentiers, ont l'honneur de vous faire part du mariage de leur fille mademoiselle Louise-Clémentine Bonnaud avec monsieur Eusèbe Martin.
La bénédiction nuptiale aura lieu le 27 courant à onze heures du matin en l'église de Marly-le-Roi.
Cet avis avait été adressé à Adéonne par Bonnaud qui, en père prévoyant, désirait avertir la chanteuse dans le cas où Eusèbe ne l'eût pas fait et ainsi éviter une scène à l'église, ce qui eût fait un effet déplorable à Marly-le-Roi. Après avoir lu, Adéonne dit à Marie Bachu qui était venue la consoler:
—Si Dieu n'était pas si méchant, je ferais dire une messe pour mon bonheur, qu'on enterrera ce jour-là.
—Il y a longtemps que le mien est dans la tombe, répondit Marie Bachu et je n'en suis pas morte.
[XLIII]
La veille du 27 courant, c'est-à-dire le 26, monsieur, madame et mademoiselle Bonnaud entourés de leurs amis, Eusèbe Martin assisté par Lansade et monsieur de la Varade s'apprêtaient à signer devant maître Mouflon, notaire, sans son collègue, deux actes d'une importance extrême. Le premier était un contrat de mariage, le second un acte d'association entre le dit sieur Eusèbe Martin et le sieur Isidore Boucain, fabricant de produits chimiques et successeur de Bonnaud.
Le sieur Isidore Boucain apportait à la société E. Martin et Ce son intelligence commerciale, Eusèbe Martin apportait l'usine qui constituait la dot de sa femme.
Le notaire lut les deux actes à haute voix.