—Tenez, mon bon Eusèbe, ça m'ennuie, lui dit la jeune femme; mais aussi bien, puisqu'il faut que vous appreniez la vérité tôt ou tard, j'aime mieux vous la dire tout de suite. Apprêtez-vous à un grand malheur.
—Parlez, répondit Eusèbe; je ne puis pas être plus malheureux.
Après mille détours, Gredinette apprit à Martin que sa femme était partie avec Isidore Boucain, et que tous deux avaient eu soin d'emporter la caisse.
Eusèbe ne répondit rien, et son visage n'exprima aucune sensation.
—Il a mieux pris la chose que je ne pensais, dit le soir Gredinette à Paul.
Peu à peu, Eusèbe recouvra la santé.
—Je vais vous faire mes adieux, dit-il un matin à ses deux derniers amis; je vais retourner à la Capelette, que je n'aurais jamais dû quitter. Je vais saluer mon beau-père et je partirai ce soir. Merci de votre amitié; je ne l'oublierai jamais. Si un jour, las de la vie, vous voulez goûter le repos, venez sous mon toit, je vous aimerai comme vous m'avez aimé.
—Ne va pas voir Bonnaud! s'écria Paul, ce pauvre père t'accuse de la faute de sa fille.
—Moi!