—Pourquoi, se dit-il lorsqu'il fut sur le chemin, ai-je été si loin m'exposer à tant de douleur, pour chercher le vrai qui était à ma porte?
Le volume qu'Eusèbe emportait contenait les Évangiles.
—J'ai eu tort de laisser emporter le livre du petit par ce monsieur, dit l'aubergiste à sa femme.
—Bah! il nous coûtait douze sous, répondit celle-ci.
—S'il nous en a donné vingt francs, reprit le mari, c'est qu'il valait mieux que ça.
Eusèbe frappa à la grande porte.
—Ah! Seigneur du bon Dieu! s'écria la grande Caty, vous voilà donc enfin, monsieur Eusèbe. Ah! montez vite, votre père veut tant vous voir avant de mourir.
Deux secondes après, Eusèbe était près de son père agonisant.
—Te voilà enfin, mon fils, dit le bon M. Martin en râlant, te voilà. As-tu atteint ton but, et peux-tu me dire avant que je meure, où est le faux, où est le vrai?
—Père, répondit Eusèbe, le faux est sur terre, le vrai est au ciel.