Martin fut à moitié ruiné par un ami d'enfance pour lequel il eût donné sa vie.

Un jour qu'il était absent, le feu prit à l'une de ses granges et allait se communiquer à sa demeure, si un homme au péril de sa vie n'eût coupé le toit attenant aux autres bâtiments. Cet homme était Emmanuel Rigaud, son seul ennemi.

Fort instruit pour un campagnard et doué d'un certain bon sens, il était considéré dans son pays comme un homme supérieur. En étudiant beaucoup pour affermir une réputation dont il était fier, il ne tarda pas à s'apercevoir qu'il ne savait rien.

Le premier voyage qu'il fit à Paris resta gravé dans ses souvenirs. C'était en septembre 1831: un matin qu'il était allé respirer au jardin des Tuileries, un homme en chapeau gris, à la figure noble et bienveillante, lia conversation avec lui.

—Vous êtes étranger? lui demanda-t-il.

—J'habite le Limousin, répondit Martin.

—Êtes-vous dans l'industrie?

—Non, dans l'agriculture.

—Je ne connais point votre pays, mais j'en ai entendu dire le plus grand bien.