On n'est pas plus... savant que cela, n'est-ce pas, madame?

Comme je suis à peu près sûr de ne pas ennuyer mes lectrices en leur parlant de ces cristaux, je vais faire une petite excursion dans le passé, aussi bien les temps présents n'ont rien de bien aimable.

Les romanciers du siècle dernier ont un peu abusé du diamant. A chaque instant, s'il fallait les en croire, le marquis de Fréval, le duc de Valbreuse, ou le simple chevalier Valsain tiraient de leur doigt une bague qu'ils donnaient à bout portant pour payer le plus léger service.

Ils accompagnaient le présent de phrases traditionnelles dans le genre de celles-ci:

«—Tiens, lui dis-je, friponne, sers bien mes intérêts auprès de ta divine maîtresse; et je lui passai au doigt une petite bague dont le brillant valait une centaine de pistoles.»

Ainsi s'expriment Valsain et les autres galants. Ils étaient généreux, c'est incontestable, mais, mon Dieu, qu'ils devaient être drôles et ridicules en passant la petite bague au doigt plus ou moins mignon de la soubrette: c'était tout un travail.

Aujourd'hui nos galants sont plus ladres et moins empressés.

—Tenez, petite, disent-ils, remettez donc cela à votre maîtresse, vous serez bien gentille.

Et cela est accompagné d'un ou deux louis au plus.