Jacques Offenbach, couronné de pampres et de myrtes, avait invité tous les dieux de l'Olympe à souper.

C'était Paul Brébant qui fournissait l'ambroisie et le nectar.

Qui dit que les dieux s'en vont, je vous prie?

Il y avait là une Vénus Astarté, fille de l'onde amère, bien capable de féconder l'univers sans tordre ses cheveux.

Il y avait une chaste Diane qui, pour la circonstance, avait déposé ses flèches au vestiaire; il y avait Minerve, bien décidée à fermer les yeux, puis Junon, qui faisait la roue en l'absence de son paon; il y avait l'Amour, et Pluton, et Jupiter, Jupiter lui-même cachant ses foudres sous son habit noir.

La belle Hélène, aussi, fille de Jupiter et de Léda, était venu péricholer chez ses parents; il y avait encore.... qui n'y avait-il pas?

Tous ces braves dieux s'en donnaient à cœur joie, comme des divinités qui ont bien et consciencieusement travaillé pendant plus de cent soirs.

La presse parisienne était représentée par tous ceux qui s'occupent de théâtres et par beaucoup d'autres qui pourraient tout aussi bien s'en occuper.

Jamais le théâtre de la Gaîté ne mérita mieux son nom que ce soir-là.

Offenbach, quoique souffrant encore, faisait les honneurs de son ciel avec toute la bonne grâce et l'esprit possible.