Alors, avec une bonne grâce parfaite, le propriétaire fait les honneurs de sa bicoque.

Il faut être poli, on le félicite sur la gentillesse de sa demeure.

Il répond que c'est un taudis mais que la vue est si belle de son grenier, qu'il ne vendrait pas sa maison pour un monde.

On visite le grenier, la vue n'a rien d'extraordinaire; mais les visiteurs sont surpris de trouver des centaines de vieux tableaux couchés dans la poussière.

—Mais c'est un vrai musée! s'écrient les étrangers.

—Ah! de vieux tableaux de famille qui sont là depuis des temps infinis; je ne suis pas amateur, et, d'ailleurs, je n'y connais rien; on disait, dans le temps, que parmi ces toiles il y en avait d'un grand prix.

Et sans avoir l'air d'y attacher la moindre importance il secoue habilement la poussière et s'éloigne sous prétexte de chercher un plumeau.

Alors, de deux choses l'une, ou les visiteurs l'arrêtent protestant qu'ils n'y connaissent rien eux-mêmes, ou ils le laissent aller.

Dans tout Parisien, il y a un brocanteur, et puis on a raconté si souvent l'histoire du tableau oublié dans un grenier, acheté trente francs et revendu cent mille, qu'il est bien rare que les promeneurs ne se jettent pas avec avidité sur les toiles du bonhomme.

Ils les tournent, les retournent en tout sens, et ne tardent pas à découvrir des signatures effacées par le temps, mais encore très visibles.