—J'ignorais que Tony, qui élève votre cheval Mirliflor, gagnât dix fois plus que moi, qui élève votre fils.

—Ce n'est pas du tout la même chose.

—Je vous demande pardon; il n'y a que cette différence, que Mirliflor étant plus intelligent que le vicomte, Tony a bien moins de peine que moi.

Je crois qu'il est inutile de dire que M. le précepteur fut remercié sur-le-champ.

Où alla-t-il, que devint-il pendant dix ans? Ces détails ignorés ne font rien à l'affaire.

Ce qu'il importe de savoir, c'est qu'après une vie fort agitée, mais fort honorable, le destin et les électeurs de la Vienne-et-Loire envoyèrent le précepteur fantaisiste à l'Assemblée nationale.

L'autre jour, le comte, qui représente un département de l'Ouest, lui disait en souriant:

—J'ai remarqué, mon cher collègue, que, depuis quatre ans que nous siégeons à l'Assemblée, je n'ai pas eu le bonheur de vous ranger à mon avis.

—Il y a plus que cela, monsieur le comte, répondit le représentant de Vienne-et-Loire, voilà plus de dix ans que nous avons été en désaccord pour la première fois.