—Oh! tu te fatigues? lui demanda son ami.
—Non, répondit la Place; mais je vais te dire, je crois avoir fait suffisamment mon devoir; prolonger mon dévouement, ce serait vouloir affaiblir le tien, et d'ailleurs... je suis protestant.
Au rétablissement d'Hippolyte, on fut très surpris sur le boulevard de voir trois Lionnet au lieu de deux.
Deux, c'était déjà bien gentil.
On s'enquit du nouveau venu, qu'on baptisa du nom de Colline, parce qu'il portait toujours son inévitable livre.
Les Lionnet sont très aimés dans le monde artiste, parce que nul plus qu'eux n'est empressé à rendre service. Depuis vingt-cinq ans, ces deux braves garçons ont chanté à plus de mille représentations à bénéfices.
Grâce à ses parrains et à la douceur inaltérable de son caractère, jointe à un mérite incontesté, la Place fut adopté à l'unanimité.
Il ne sera peut-être pas sans intérêt de dire pourquoi le nouveau Colline avait émigré du quartier Latin pour arriver au quartier Trévise.
Colline n'était pas riche; il habitait une pauvre chambre de la rue Saint-Jacques, non loin du cloître Saint-Benoît.