Eh bien, ces livres-là, quelle que soit l'obscurité de ceux qui les ont signés, on les brûle, on en fait des allumettes, mais on ne les vend pas.
LOUIS D'AVYL
La première fois que j'eus l'honneur de voir M. d'Avyl, il y a quelque vingt ans de cela, ce jeune gentleman portait un habit marron à boutons d'or; déjà, à cette époque, c'était assez étrange.
C'était un beau gaillard à l'œil franc et intelligent. Il passait alors pour étudier le droit, et délaissait volontiers l'école de la place du Panthéon pour les bureaux des petits journaux.
Un duel au fusil qu'il eut avec un autre de mes amis, Jules Vallès, et une plaisanterie faite à l'auteur de ses jours lui avaient constitué une certaine célébrité parmi nous.
Le duel avait fini par quelques trous dans la peau des deux adversaires devenus grands amis depuis. La plaisanterie paternelle s'était terminée par un immense éclat de rire.
Un matin, M. d'Avyl père, président de cour dans l'Ouest, arrive chez son fils au quartier Latin.