—Impossible, madame.

—C'est donc scandaleux, ce que vous aller nous raconter là?

—Mais non, au contraire.

Un léger désappointement se manifesta dans l'assemblée; le conteur poursuivit:

—L'union fut heureuse; un beau matin, et sans qu'on sût pourquoi, les époux divorcèrent, et la marquise, un an après, épousait un diplomate étranger, le comte de Quatre-Étoiles. Pendant cinq ou six ans, le bonheur habita avec M. de Quatre-Étoiles et sa femme, mais voilà qu'apprenant que la loi sur le divorce allait être supprimée, la comtesse fit tant des pieds et des mains qu'elle obtint de divorcer une seconde fois.

Ici le conteur s'arrêta pour jouir de la surprise des assistants. Un sourire indécis parcourut le côté des hommes; le côté des dames ne sourcilla pas.

—Après? demanda la maîtresse de la maison.

—Après, la comtesse se remaria une troisième fois.

—Jusqu'à présent votre histoire n'a rien d'extraordinaire, et on ne comprend guère que vous ayez caché les noms.

—Patience, mesdames; maintenant je vous donne en cent, je vous donne en mille, comme disait cette femme qui écrivait tant de lettres, à deviner qui la comtesse épousa en troisième noces?