D'où venait cette envie de la jeune femme? Voulait-elle, à cet instant suprême, lever ses yeux bleus vers un ciel plus bleu que ses yeux? Croyait-elle que la terre classique des beaux-arts lui ferait enfanter un chef-d'œuvre? Voulait-elle, après avoir connu le beau de l'amour, se familiariser avec l'amour du beau? Toutes ces suppositions sont également admissibles.
Le jeune époux résistait, non qu'il voulût contrarier en rien sa jeune femme, mais tout simplement parce que les médecins de Naples n'avaient pas sa confiance.
Il avait été jadis assez gravement indisposé dans la ville de Masaniello, et il s'en souvenait. Néanmoins, voyant que l'envie de sa moitié était invincible, il parvint à décider son médecin à faire le voyage, quand le moment serait venu.
De Londres à Naples, il y a loin. Un médecin anglais appartient à ses malades; mais le désir d'obliger et les offres généreuses du mari décidèrent le praticien à consentir.
Les époux partent, la jeune femme est dans la joie, et son mari est bien vite convaincu qu'elle avait raison, que l'air du golfe lui est fort salutaire.
Si salutaire même, qu'un beau soir un petit anglais superbe arrive huit jours avant d'être attendu.
L'heureux père se livre à sa joie pendant toute la nuit, et, le lendemain, il songe à son médecin, dont le voyage n'aurait plus de but, et il télégraphie en anglais, naturellement, la dépêche suivante:
Honorable B..., docteur, rue ...., no .., Londres, Angleterre.
«Ne venez pas, trop tard!»
Le docteur ne voit-il pas la virgule? La virgule a-t-elle été omise par le télégraphe italien ou par le télégraphe anglais? On ne sait. Toujours est-il que le bon docteur lit: