—Sans lui, la révolution de 1848 n'aurait pas eu lieu, et Louis-Philippe, ou son petit-fils tout au moins, serait sur le trône, et nous aurions été bien plus tranquilles.

—Voulez-vous me permettre de vous dire que vous faites de la politique comme ce bon Joseph Prudhomme, qui, vous le savez, prétendait que si Bonaparte n'avait pas eu d'ambition et qu'il fût resté simple lieutenant d'artillerie, il serait encore sur le premier trône du monde?

—Je ne vais pas si loin.

—A peu près.

—Puis M. Guizot, comme homme, ne me plaît pas; on dit qu'il était austère.

—Oui, madame.

—Ce n'est pas gai; puis ses ouvrages sont un peu bien sérieux pour une femme.

—Je voudrais bien être indiscret. Permettez-moi de vous demander pourquoi, n'ayant pas de sympathie pour le célèbre défunt, vous regrettez tant de ne pouvoir apercevoir sa demeure?

—Ah! je vais vous dire, répondit la dame, c'est que M. Guizot a été un très bon mort.

De l'étonnement le plus sincère, je passai à une espèce d'ahurissement. Ma voisine s'en aperçut et continua en souriant: