Que Nanterre, Suresnes, Salency ou Enghien, qui sont des villages ou à peu près, se contentent d'une rosière, c'est très bien; qu'on se trouve heureux dans un petit pays de trouver une fille vertueuse et de la couronner, tout est pour le mieux.
Mais qu'on se contente à aussi bon marché dans une ville de quatre-vingt mille âmes, c'est une modestie trop exagérée ou une pénurie inutile à constater.
Il serait naturel de procéder pour la vertu comme pour la députation, bien que ces deux choses n'aient pas entre elles beaucoup de relations.
Dans les départements populeux, comme la Seine ou le Nord, on nomme un bien plus grand nombre de représentants que dans l'Ardèche ou la Creuse.
La cérémonie a été fort brillante. Ce qu'il y avait là de jeunes et jolis visages est impossible à dire.
Voyez-vous un étranger arrivant à la porte du temple au moment où mille jeunes filles descendent l'escalier, voyez-vous, dis-je, cet étranger voulant se renseigner?
—Mesdemoiselles, demande-t-il, voulez-vous être assez aimables pour me dire pourquoi l'on vient de couronner une de vos compagnes? Qu'a-t-elle fait pour mériter une si grande récompense donnée publiquement dans la maison de Dieu?
—Monsieur, elle a été vertueuse.
Cet étranger s'en ira en pensant:
—Quel singulier pays où il n'y a qu'une seule fille vertueuse, où il n'y a pas de demoiselles jalouses, deux hypothèses bien inadmissibles. Ou bien serait-ce que la couronnée est plus vertueuse que les autres? Mais on ne peut pas être vertueux plus ou moins; on l'est ou l'on ne l'est pas, la vertu est une et indivisible, comme la République française.