Celle-ci, d'ailleurs, était intelligente, bien élevée, et avait eu dans sa vie quelques accès d'honnêteté.

Un jour, elle s'amouracha d'un camarade de théâtre, et, comme il faut qu'on soit puni tôt ou tard, elle l'aima réellement.

Ardente dans toutes ses actions, elle quitta son ancienne vie et se réfugia dans un petit appartement de la rue Bleue, où elle pensait que nul ne viendrait troubler ses élans vers la rédemption.

Jamais fille ne fut plus heureuse; mais, comme toujours, le bonheur fut de courte durée.

Cette jeune femme qui ne désirait plus rien, à qui tout souriait, devint malade. Elle lutta longtemps contre le mal. Les médecins lui ordonnèrent le climat de Nice. Elle ne voulut pas quitter son cher Paris.

Un matin, le bruit se répandit qu'elle était au plus bas. Le soir, on ne parlait que de la jolie comédienne; on en parla même chez la blonde madame de M..., qui pria sérieusement ses hôtes, et notamment Maurice de H..., de changer de conversation.

—Les filles nous envahissent, même après leur mort, dit-elle sèchement.

Puis comme elle remarqua sur le visage de Maurice une profonde émotion, elle l'entraîna dans un petit salon, où ils causèrent longtemps. La grande dame s'était fait raconter comment on aime une comédienne.

—Une seule chose me désole, dit Maurice, cette pauvre enfant va mourir, et, bien que je ne l'aie pas vue depuis deux ans, je ne voudrais pas qu'elle meure sans avoir accompli un de ses vœux.