Bade est désert, Hombourg est mort, Wiesbaden agonise, Nauheim est enterré.
Quatre provinces tombent en ruine et le Rhin est désert.
Propriétaires, maîtres d'hôtel, marchands et ouvriers gémissent; leurs plaintes sont à ce point retentissantes qu'elles seraient parvenues jusqu'au trône.
Le trône aurait promis de réfléchir, et il ne faut pas l'avoir regardé deux fois pour savoir qu'il réfléchira vite, ce trône-là; il a toujours besoin d'argent et l'acier des canons est bien cher.
Après avoir donné cinq milliards, allons-nous laisser éparpiller nos louis dans le pays de la choucroûte? En vérité, ce serait maladroit.
Le jeu est immoral, va-t-on dire comme à l'ordinaire.
Eh bien, ce n'est point mon avis.
Je pense qu'il est plus moral d'établir un impôt sur le vice que d'en mettre un sur la vertu.
Est-il bien moral qu'un brave ouvrier, père de famille, ne puisse boire du vin et en faire boire à ses enfants?