—Je n'en sais rien, monsieur. Vous êtes bien curieux, je trouve.
Et le jeune domestique s'éloigna pour rentrer au presbytère.
—Oui, fit l'étranger en le suivant, je suis un peu curieux, mais je n'ai plus qu'une question à te faire. Connais-tu les deux prêtres qui sont sortis tout a l'heure?
—J'en connais un, c'est le père qui prêche la retraite; l'autre, je ne le connais pas, je ne l'ai pas vu entrer.
—Ah! tu ne l'as pas vu entrer! Je comprends tout, maintenant, continua-t-il, parlant à lui-même. Que je suis donc stupide! Voilà deux fois que je le manque!
Le pauvre domestique, ahuri, et sentant vaguement qu'il a trop parlé, rentre précipitamment au presbytère.
L'étranger s'éloigne rapidement. À une faible distance de léglise un magasin est encore ouvert. Il y entre et demande qu'on lui indique où se trouve le bureau public de télégraphe et de téléphone. C'est dans le voisinage. Il y court. Le gardien du bureau est seul.
L'étranger lui fait un signe presque imperceptible auquel l'employé répond par un geste fait comme par hasard. Un deuxième signe provoque une deuxième réponse. Alors l'étranger s'assied devant le double instrument. Se servant d'abord du téléphone, il se met lui-même directement en communication avec un certain numéro à Montréal. Il sonne. On lui répond.
—Est-ce bien le numéro 11 demande-t-il?
Ce numéro n'a rien de commun avec les numéros du téléphone.