Il est sept heures. Mon père et ma mère s'éveillent et Françoise, épuisée, choisit les mots qu'elle va dire, pour qu'on la laisse au lit. Je n'oublierai pas de sitôt les deux heures d'émotions successives qui viennent de s'écouler, et j'ai un grand besoin de plein air, de recueillement.

D'ordinaire, par ce soleil, les poissons courent à fleur d'eau, sautent, gueule ouverte, sur les mouches, et se régaleraient même d'amorces artificielles. On pêcherait fructueusement ce matin. Je connais un coin, près des framboisiers où, par toutes ses gouttières, le chaume entretient une fraîcheur salutaire aux petits vers jaunes.

J'empoigne une pioche, la soulève haut, les bras raides, l'abats, et du premier coup, je déterre un chiffon mou, une loque rouge et boueuse, indigne de pincettes, l'enveloppe gluante de mon plaisir dépouillé, pareille aux papiers gras d'un déjeuner sur l'herbe... le délivre!

LES DEUX CAS DE M. SUD

LA PETITE MORT DU CHÊNE

À Louis Baudry de Saunier.

—Mais, se dit M. Sud, pourquoi n'as-tu pas tiré?

—J'ai oublié, se répondit M. Sud avec simplicité.

Il ne se gourmanda point davantage, et suivit de l'œil les perdrix qui se posèrent là-bas, dans un carré vert.