—Ah!
Ces messieurs se taisent. Les plumes de paon tremblent entre les doigts de Mlle Eugénie. Elle attend, ses yeux dans leurs yeux, quand soudain M. Meltour, désireux d'en finir, parle ferme et bref.
—Eh bien, que dites-vous?
—Moi, rien. C'est votre affaire.
—Comment cela, cher beau-père?
—Tenez, finissons, fait M. Lérin. Vous voulez épouser ma fille, et, la connaissant mal, vous me demandez à moi quelques renseignements. Je n'en ai point à vous donner.
Est-ce que je sais quelle femme sera ma fille? Vous m'êtes sympathique comme un homme qu'on a rencontré trois fois, c'est-à-dire indifférent; je vois votre embarras; si vous faites une sottise, vous direz: «On m'a trompé!» et, si vous tombez bien, vous vous applaudirez seul, en vantant votre bon goût. Tout est possible, Monsieur. On a vu des gens heureux. Le serez-vous? Qui le prédirait? Pas moi. Vous hésitez. Il vous faudrait quelques conseils, un coup d'épaule. Ah! si je vous souriais, vous appelais du geste comme un petit qui apprend à marcher!... Mais je reste là, incohérent, de bois, et, pour me corrompre, vous me nommez: «Cher beau-père!» Je me retiens solidement de vous répondre: «Mon gendre!»
Monsieur, j'ai passé l'âge où l'on s'attendrit. Mariez-vous. Dans une vingtaine d'années, quand vous aurez fait vos preuves, je me réjouirai et vous féliciterai. D'ici là, je me montrerai froid, et, n'était l'ennui d'aller à la messe, j'assisterais sans souci à votre aventure. Donnez quelques sous au curé pour qu'il fasse vite, car, à la campagne, les églises manquent de confortable.
Oh! Monsieur, vous êtes dans une situation pénible. Je ne vous plains pas, mais il vous en arrive une bien bonne. Franchement, je n'y peux rien. Parlons d'autre chose, voulez-vous?
Il conclut: