— Et ça ne vous fait pas quelque petite chose ?

— De tuer un canard, non, dit Philippe. Peut-être que si c’était une autre bête !… Mais les canards, j’en tuerai tant qu’on voudra.

Philippe et Mme Philippe ne sont jamais venus à Paris et Mme Philippe n’a pas envie d’y venir.

— Pourquoi ?

— Parce que, dit-elle, si j’avais soif dans les rues, comment donc que je ferais pour boire un coup d’eau ?

Au contraire, Philippe voudrait bien voir Paris.

Il a même failli le voir. En ce temps-là, il était domestique chez le fermier Corneille qui lui dit :

— Je ne peux pas m’absenter cette semaine. Tu vas prendre ma place et accompagner le toucheur qui mène nos bœufs au marché de la Villette.

Déjà on avait embarqué les bœufs, et Philippe, qui portait une veste sous sa blouse, montait dans un wagon à bestiaux, à côté du toucheur. Il était content, il riait, il parlait fort, lorsqu’accourut le fermier Corneille :

— J’ai réfléchi, dit-il, je peux aller à Paris.