— Pour qui celle-là ? Pour Joseph ?
— Non, pour Antoine.
— Le soldat. Se plaît-il au régiment ?
— C’est difficile à savoir, répond Mme Philippe. Il n’écrit guère, parce qu’il met trois jours à gagner un timbre, et il n’en écrit pas long à la fois.
— Quand le verrez-vous ?
— Ce soir, peut-être.
— Comment, ce soir ?
— Oui, dans sa dernière lettre il nous annonçait son arrivée pour aujourd’hui, par le train du soir. Il ne nous a pas récrit contre-ordre.
— C’est qu’il va venir. N’allez-vous pas, Philippe, au-devant de lui ?
— Pour quoi faire ?