— Certes, vous travaillez, Philippe, mais moi aussi je travaille.
— Vous travaillez, dit-il respectueux, en vous amusant.
— Détrompez-vous, Philippe, j’ai mes tracas, mes devoirs, comme tout le monde. Je travaille par nécessité. Quand il fait du soleil, je préférerais me promener. Je fatigue beaucoup de tête.
— Sûrement, dit Philippe, vous fatiguez plus de tête que moi. Je ne fatigue que de corps.
— Pensez-vous, Philippe, que si la tête va mal, le reste du corps n’en souffre pas ? Le soir, dès que le feu de la lampe me brûle le front et les yeux, je me retiens d’aller me coucher.
— Vous n’y allez pas, dit Philippe, parce que vous ne voulez pas.
— Erreur, Philippe. Il faut que je veille, parce que je ne suis pas matinal, et je tâche de rattraper les heures perdues.
— Restez donc au lit, vous avez le temps de dormir.
— Du tout, du tout, et je donnerais gros pour avoir le courage de me lever matin. Je vous envie, vous êtes sur vos jambes au premier rayon de soleil et cela ne vous fait jamais de peine.
— Nous avons l’habitude, dit Philippe. L’hiver seulement, c’est moins agréable.