Philippe ne répond pas. Il boutonne étroitement sa veste et son pardessus, se coiffe d’aplomb, et dit à sa fille, d’un ton autoritaire :

— Je pars, je l’ai vu, ça suffit ; mais toi, tu restes. Tu iras à l’hôpital tous les jours, et tous les jours tu écriras pour donner de ses nouvelles. N’y manque pas ; tu m’écoutes ?

J’avais dit à Philippe :

— Vous êtes un homme, vous ! un homme s’en tire, mais Ragotte n’est qu’une pauvre vieille maman ; soutenez-la !

Philippe nous télégraphie de là-bas :

« Ragotte pas malade, mais ennuyée. »

Après Philippe, c’est le Paul qui vient voir son frère Joseph une dernière fois. Il a voulu partir à toute force. Il arrive à la gare de Lyon, au milieu de la nuit, et il attend que l’heure soit convenable pour sonner à la porte du concierge.

Il se présente avec une petite cravate-plastron de couleur printanière, où brille une épingle dorée, et dès les premières paroles, il pleure, comme une grosse pomme cuite fendue.

Le Paul ne veut pas s’y connaître moins qu’un autre.

— Oh ! pour moi, il est perdu ! dit-il.